Selon le dernier rapport publié par l'Association internationale du transport aérien (IATA) la connectivité aérienne de l'Union européenne a quasiment stagné en 2025.
L'étude révèle une croissance nette de seulement 1% du nombre total de routes aériennes desservant le continent, tant en domestique qu'à l'international. Un chiffre en deçà de la croissance annuelle de 1,5% enregistrée sur les 10 dernières années, qui tranche avec les 16% de progression cumulée observés entre 2015 et 2025. En détail, le réseau de routes commerciales régulières au départ et à destination de l'UE compte désormais 14.797 liaisons, précise IATA. En 2025, 1.127 routes ont été supprimées tandis que 1.281 nouvelles ont été ouvertes, dont 568 correspondaient à des reprises de liaisons déjà opérées par le passé mais suspendues depuis au moins un an. Le gain net ne s'établit ainsi qu'à 154 routes.
Selon le rapport, la quasi-totalité des routes annulées, soit 91% d'entre elles, concernaient des liaisons à faible volume transportant moins de 20.000 passagers par an. Ces routes régionales, qui constituaient la moitié du réseau en 2015, n'en représentent plus que 44% en 2025. Le paysage du transport aérien européen s'est néanmoins légèrement étoffé en termes d'acteurs. On compte désormais 263 compagnies sur le marché contre 253 en 2015, et 382 aéroports sont desservis par des vols commerciaux réguliers, dont 69% sont des aéroports régionaux.
Une réglementation européenne "trop lourde"
Pour l'IATA, les causes sont avant tout structurelles. « Le fardeau réglementaire est lourd, les coûts sont élevés, et les problèmes de compétitivité structurelle bien documentés de l'UE n'ont pas été sérieusement traités », estime Thomas Reynaert, vice-président senior des relations extérieures de l'organisation. Il pointe en particulier le règlement EU261 sur les droits des passagers, dont le coût est estimé à 8 milliards d'euros par an pour le secteur, et dont les tentatives de réforme en cours risquent selon lui d'aggraver la situation. « Les défauts de la réglementation actuelle sont connus, mais les tentatives de les corriger semblent vouées à les aggraver. Ce sont ces types de frustrations qui rendent plus difficile pour les compagnies aériennes le développement de la connectivité dont l'Europe dépend pour soutenir l'emploi et la croissance économique », déclare-t-il.
Au-delà d'EU261, l'association réclame une réduction du coût des carburants d'aviation durables (SAF), notamment via l'introduction d'un mécanisme de 'book-and-claim' permettant aux compagnies d'acquérir ce carburant là où il est produit de façon la plus efficiente. Elle demande également un renforcement de la régulation des redevances aéroportuaires et de navigation aérienne, plus de souplesse dans la gestion des créneaux horaires en période de crise, et la suppression des taxes nationales sur les passagers, à l'image de ce qu'a fait la Suède. Pour l'IATA, chaque route supprimée représente un manque à gagner direct pour les territoires concernés, et l'incapacité des institutions européennes à alléger le fardeau réglementaire qui pèse sur les compagnies se traduit mécaniquement par un recul de cette richesse partagée. « La prospérité de l'Europe dépend de liaisons intra- et intercontinentales étendues et efficaces. Chaque nouvelle route aérienne crée de nouveaux emplois et de nouvelles opportunités économiques et sociales », conclut Thomas Reynaert.