Depuis le 28 février, le ciel du Moyen-Orient traverse l'une des crises les plus graves de son histoire récente. Conséquence directe des frappes militaires croisées entre les États-Unis, Israël et l'Iran, l'espace aérien régional est largement verrouillé. Voici le point sur la situation.
La détérioration brutale de la situation sécuritaire a eu un effet immédiat sur le trafic aérien. Suite aux frappes et aux ripostes iraniennes visant plusieurs pays du Golfe, les autorités de l'aviation civile et les compagnies aériennes ont dû prendre des mesures d'urgence.
Les Émirats arabes unis en première ligne
C’est aux Émirats arabes unis (EAU), plaque tournante du trafic mondial, que l'impact est le plus important. Selon des sources concordantes confirmées par les autorités locales, l'espace aérien du pays a été partiellement fermé par mesure de précaution. Cette décision fait suite à des incidents de sécurité majeurs survenus directement sur les infrastructures aéroportuaires le 28 février :
- À Abu Dhabi : L'aéroport international Zayed a été touché par un missile, causant la mort d'une personne et blessant sept autres.
- À Dubaï : Un drone a frappé l'enceinte de l'aéroport international (DXB), blessant quatre employés.
Face à ces menaces, les opérations ont été drastiquement réduites. Emirates, la compagnie basée à Dubaï et l'une des plus importantes au monde, a suspendu temporairement tous ses vols depuis et vers son hub principal. De son côté, Etihad Airways a gelé ses départs depuis Abu Dhabi, une mesure maintenue au moins jusqu'au 3 mars.
Due to multiple regional airspace closures, Emirates has temporarily suspended all operations to and from Dubai, up until 1500hrs UAE time on Tuesday, 3 March.
The situation remains dynamic and is assessed continuously. We urge all customers to review the latest operational… pic.twitter.com/DwrsOPbv08
— Emirates Support (@EmiratesSupport) March 2, 2026
Arabie saoudite et Oman : un espace aérien impraticable
En Arabie saoudite, la compagnie nationale Saudia Airlines a annulé l'ensemble de ses dessertes vers les pays du Golfe (Dubaï, Doha, Bahreïn, Koweït). Les transporteurs internationaux suivent le mouvement : Air France a suspendu ses vols vers Riyad jusqu'au 3 mars inclus, tandis que SriLankan Airlines ne dessert plus ni Dammam ni la capitale saoudienne. Le Sultanat d'Oman, bien que moins directement ciblé, subit les dommages collatéraux de cette fermeture régionale, avec l'annulation des vols de plusieurs compagnies étrangères, dont Turkish Airlines, rendant l'accès au pays extrêmement difficile.
Crédit : International SOS
Un effet domino sur le trafic mondial
Comme l'a précisé Beatrix Renaut, responsable sûreté chez International SOS, durant un webinaire, la crise dépasse largement les frontières régionales. Plusieurs pays ont totalement fermé leurs espaces aériens, dont l'Iran, l'Irak, Israël, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et la Syrie aux vols civils. De son côté, Qatar Airways a annoncé la suspension de ses liaisons au départ et à l'arrivée de son hub à Doha. Une nouvelle mise à jour des informations sera faite demain, mardi 3 mars.
Update: Qatar Airways flight operations remain temporarily suspended due to the closure of Qatari airspace.
Qatar Airways will resume operations once the Qatar Civil Aviation Authority announces the safe reopening of Qatari airspace. A further update will be provided on March…
— Qatar Airways (@qatarairways) March 2, 2026
Les compagnies internationales suspendent leurs liaisons
Les transporteurs occidentaux et asiatiques ont suspendues massivement leurs liaisons vers le Moyen-Orient et les pays du Golfe :
- Groupe Lufthansa (Lufthansa, Swiss, Austrian, etc.) : Vols suspendus vers Tel-Aviv, Beyrouth, Téhéran et Amman jusqu'au 7 mars, et vers les Émirats pour une durée indéterminée.
- Air France-KLM : Annulation des vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad jusqu'au 3 mars.
- British Airways : Suspension des lignes vers le Golfe et Tel-Aviv.
- Amérique et Asie : United, Delta, Air Canada, Singapore Airlines ou encore Cathay Pacific ont toutes interrompu leurs survols et dessertes de la région.
Une situation complexe et extrêmement volatile
Alors que le conflit est entré dans son troisième jour, International SOS anticipe une intensification des frappes dans la région. La volatilité extrême de la situation est soulignée par l'annonce de Donald Trump évoquant un conflit pouvant durer quatre semaines et par la possible implication militaire de la France pour protéger les pays du Golfe. "Les Émirats arabes unis semblent particulièrement ciblés, avec des attaques de drones touchant des infrastructures civiles comme des hôtels et l'aéroport international de Dubaï, ce qui complique davantage les perspectives de reprise rapide du trafic aérien", a déclaré Beatrix Renaut.
Pour les voyageurs actuellement sur place, la consigne principale est de limiter les déplacements et transits, notamment au Qatar, jusqu’au 4 mars au minimum. Il est impératif de minimiser le temps passé à proximité des installations militaires et diplomatiques américaines ou israéliennes, qui constituent des cibles potentielles. En cas de sirène d'alerte ou de frappes à proximité, la priorité absolue est de se mettre immédiatement à l'abri. Enfin, face aux fermetures d’espace aérien et aux annulations de vols qui risquent de perdurer, il est essentiel de se conformer strictement aux directives locales d'urgence (couvre-feux, restrictions de déplacement) et de ne s'informer que via des sources officielles vérifiées pour éviter la désinformation.