L’Association Française du Rail (AFRA), appelle SNCF Connect à ouvrir la distribution à tous les opérateurs qui le souhaitent.
Dans un contexte d'ouverture à la concurrence, la bataille entre les opérateurs ferroviaires ne se joue pas uniquement sur les rails, mais aussi sur les plateformes de distribution. Si l'on savait que plusieurs compagnies alternatives à la SNCF pointaient régulièrement du doigt la position dominante de SNCF Connect (filiale technologique du groupe SNCF), l'AFRA, l'association qui rassemble les opérateurs alternatifs à l'opérateur historique, souhaite en faire son nouveau cheval de bataille.
A travers un communiqué, elle appelle à ouvrir la distribution à tous les billets des opérateurs qui le souhaitent, ainsi qu'à harmoniser les droits des voyageurs. « Les opérateurs alternatifs appellent à ce que la plateforme de distribution dominante SNCF Connect soit tenue de vendre, de manière équitable et non discriminatoire, les billets de l’ensemble des opérateurs qui en font la demande," annonce Marco Caposciutti, président de l’AFRA. Selon le président de l'association, également à la tête de Trenitalia France, au-delà de développer l'offre ferroviaire, il faut maintenant que la "distribution soit fiable, lisible et transparente".
Une distribution plus équitable pour les opérateurs et les voyageurs
Parmi les arguments avancés, celui d'augmenter le taux de remplissage des trains des compagnies alternatives. « Il est inacceptable, alors qu’il existe des places disponibles dans les trains des opérateurs alternatifs, que des voyageurs restent aujourd’hui à quai, ou prennent leur voiture ou l’avion, car ils n’ont pas connaissance des offres de ces nouveaux opérateurs, faute de présence sur SNCF Connect", ajoute Solène Garcin-Berson, Déléguée générale de l’AFRA. L'association met également en avant le fait que la combinaison des offres régionales et longue distance entre plusieurs opérateurs doit être facilitée pour un parcours fluide de bout en bout pour les voyageurs. "La gestion des correspondances et garanties de report est cruciale : elle doit être incluse dans tous les appels d’offres régionaux, dans des conditions équitables pour tous les opérateurs", explique Marco Caposciutti. Il ajoute : "L’AFRA appelle aussi à un mécanisme de prise en charge réciproque entre transports conventionnés et services librement organisés, encadré par le régulateur afin que le voyageur puisse se reporter sur le train de n’importe quel opérateur en cas de rupture de correspondance.»
Un défi qui rappelle étrangement le bras de fer actuel autour de la billettique francilienne. Alors que la SNCF vient d'obtenir de l'Autorité de régulation des transports (ART) qu'Île-de-France Mobilités (IDFM) ouvre la vente de ses titres sur SNCF Connect, l'AFRA lui réclame aujourd'hui la réciproque. Si l'ouverture des plateformes de distribution semble être le nouveau prérequis politique pour accélérer le report modal, transformer SNCF Connect en un agrégateur agnostique exigera des chantiers technologiques qui pourraient être colossaux. La bataille de la distribution ne fait que commencer...