La compagnie low cost irlandaise a dévoilé ses ajustements de capacités pour l'été 2026. En récompensant l'Allemagne pour ses allègements fiscaux et en gelant son offre en Lituanie, le transporteur démontre une nouvelle fois sa capacité à mettre les marchés européens en compétition directe.
La méthode est désormais bien rodée et Ryanair l'applique avec régularité. La compagnie low cost irlandaise continue de dicter sa loi dans le ciel européen en ajustant ses capacités au gré des politiques fiscales nationales, comme l'illustrent ses dernières annonces. D'un côté, l'Allemagne a droit à une légère accalmie après avoir cédé sur les taxes. De l'autre, la Lituanie subit un coup d'arrêt net.
En Allemagne, la communication très agressive du transporteur ces derniers mois a fini par payer. Après avoir annoncé la suppression de plus de 800.000 sièges pour l'hiver dernier, Ryanair revoit sa copie et rétablit 300.000 sièges tout en lançant quatorze nouvelles lignes pour l'été 2026. Cette décision fait directement suite à la promesse du gouvernement de réduire la taxe aérienne et de geler les redevances de contrôle aérien. Toutefois, la compagnie maintient la pression. La capacité globale restera inférieure à 2025 et les aéroports refusant de baisser leurs tarifs, comme Berlin et Hambourg, continueront de perdre des vols. Toujours dans la même logique de négociation, la direction fait miroiter un investissement de 3 milliards de dollars et un doublement du trafic si le pays accepte de supprimer totalement sa fiscalité aérienne.
Coup d'arrêt en Lituanie
Le scénario est diamétralement opposé en Lituanie, où la compagnie applique à la lettre sa politique de retrait punitif. Jugeant l'augmentation de 30% des redevances à l'aéroport de Vilnius inacceptable, Ryanair a décrété une croissance nulle pour l'été 2026 et la suppression d'une ligne estivale dans la capitale.
Comme en Belgique, en France ou en Lettonie récemment, la low cost n'hésite pas à couper dans ses programmes de vols pour redéployer immédiatement ses avions vers des marchés jugés plus rentables. Dans son argumentaire, elle cite systématiquement des pays voisins perçus comme exemplaires, mettant en avant la Pologne et la Slovaquie pour souligner le manque de compétitivité lituanien. "Ryanair souhaite se développer en Lituanie, y baser plus d'avions, ajouter de nouvelles lignes et offrir des tarifs plus bas aux consommateurs lituaniens, mais cela ne sera possible que si le gouvernement et les aéroports lituaniens changent de cap et réduisent les coûts d'accès. Sans action urgente pour restaurer la compétitivité, Vilnius continuera de stagner et de perdre des lignes pendant que d'autres marchés prospèrent", a déclaré un porte-parole de la compagnie.