Extension des aéroports : les opposants montent au front

Alors que la loi Climat et Résilience prévoit d’encadrer les extensions des aéroports existants, les associations et organisations de protection de l’environnement souhaitent l’arrêt total de tous les projets. Or, certains d’entre eux visent d’abord à moderniser les infrastructures existantes.

Après l’arrêt du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, le gouvernement a décidé récemment d’abandonner le projet de terminal 4 à Roissy. Une mesure déjà jugée insuffisante par les associations et organisations de protection de l’environnement, dont Greenpeace qui a annoncé s’opposer à une augmentation de la capacité de la plateforme du nord de Paris, ainsi qu’à tous autres projets d’extension d’aéroports. Le débat sera ranimé la semaine prochaine, dans le cadre de l’examen, par les députés, de la loi Climat et Résilience reprenant certaines des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat. Dans le cadre de cette loi prévoyant d’encadrer les extensions des aéroports existants, ces dernières ne seraient interdites qu’en cas d’expropriation. C’est le cas notamment pour ceux de Bordeaux et Lyon.

En revanche, plusieurs aéroports disposent déjà des terrains suffisants pour s’étendre, tels ceux de Lille, Caen, Rennes, Montpellier, Marseille et Nice. Mais une nouvelle réalité s’impose aux plateformes. Et Lille-Lesquin vient de réviser son projet de modernisation et d’extension dont les travaux devraient débuter en 2023. Il a ainsi annoncé qu’il apportait des changements à son projet, portant sur les nuisances sonores, les vols de nuit, les carburants durables…

L’aéroport de Nice Côte d’Azur a pour sa part confirmé que son projet d’agrandissement de son Terminal 2 était toujours sur les rails, alors que des ONG ont relayées des informations selon lesquelles la Banque européenne d’investissement renonçait à son prêt de 100 millions d’euros visant à financer les travaux. Pour son président du directoire, Franck Goldnadel, ces travaux visent à « adapter sa capacité d’accueil« , et rappelle qu’il n’y aura « pas de poste de stationnement supplémentaire« .

Pour certains aéroports régionaux, toutes ces extensions n’ont pas vocation à (seulement) accompagner le développement de l’activité et éviter à terme une saturation des aérogares. Dans les prochaines années est toutefois prévue une croissance du trafic entre villes européennes, de point à point, au détriment des grands hubs. Mais certaines plateformes insistent sur le fait qu’elles ont aussi un impérieux besoin d’être rénové et modernisé. Toutes vont également devoir adapter certaines de leurs infrastructures aux futurs modes de propulsion (hydrogène, électricité) des avions.

Rappelons que le gouvernement a conditionné son aide à Air France à une réduction drastique des vols intérieurs lorsqu’il existe une alternative ferroviaire, et entend imposer la compensation sur tous les vols domestiques dans le cadre de la loi Climat et Résilience.