Grèves : sortie de crise chez ADP, préavis chez Ryanair en France

Le manque de personnel crée de vives tensions sociales cet été. Pour éviter les grèves, les compagnies aériennes suppriment les vols, voire régulent la demande en augmentant les tarifs.

A Roissy-CDG, la grève des pompiers entamée le 30 juin a pris fin vendredi dernier avec l’accord signé la veille entre l’aéroport et les représentants des soldats du feu. Et comme les bonnes nouvelles volent aussi en escradrille, vient d’être votée ce vendredi la fin de la grève par les salariés du Groupe ADP. L’été n’en sera pas moins chaud compte tenu des difficultés à recruter. Voire des problèmes techniques imprévus tels ceux qui ont perturbé la remise de milliers de bagages à Roissy ces jours-ci. Même si les aéroports français sont loin d’être confrontés aux mêmes perturbations que d’autres à l’étranger tels Amsterdam-Schiphol, Londres-Heathrow et Francfort.

La section Malta Air du Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) vient de déposer un nouveau préavis de grève concernant les pilotes Ryanair des bases françaises de Marseille, Toulouse, Bordeaux et Beauvais. La direction “ne tenant pas ses engagements de mai dernier”, le SNPL appelle tous les pilotes Ryanair à un arrêt de travail les samedi 23 et dimanche 24 juillet prochains. La compagnie à bas coûts irlandaise est déjà confrontée à de multiples mouvements sociaux depuis quelques jours, notamment en Espagne et en Belgique.

Chez une autre low-cost, Transavia France, le syndicat de personnel naviguant SNPNC-FO vient de lancer ce week-end un appel à la grève du 13 au 17 juillet prochain.

SAS, en grande difficulté financière et dans la tourmente depuis des mois, doit aussi gérer une grève de ses pilotes depuis quelques jours, laquelle se traduirait actuellement par l’annulation de 50% de ses vols, selon la direction de la compagnie scandinave.

En revanche, l’appel à la grève du personnel au sol de British Airways à Londres-Heathrow, à l’appel du syndicat GMB, a été suspendu après de nouvelles propositions par la direction. La compagnie britannique est en effet confrontée au manque de personnel et aux vives tensions qu’il suscite. La plupart des compagnies aériennes doivent en effet gérer ce problème, et suppriment des vols pour réduire la charge de travail et éviter les grèves. British Airways avait déjà annoncé un programme de vol allégé depuis plusieurs mois ; elle a déclaré cette semaine qu’elle allait sabrer encore dans son programme, et supprimer 10 300 vols supplémentaires jusqu’à fin octobre, pour porter la réduction à 11% de l’ensemble des vols initialement prévus.

Parmi les autres compagnies aériennnes qui allégent leur programme, on citera aussi la low-cost Easyjet, la néerlandaise KLM – qui va supprimer 10 à 20 vols quotidiens vers des destinations européennes dans les prochaines semaines – et la belge Brussels Airlines – qui n’a toutefois pas pu éviter un débrayage de ses pilotes et PNC le mois dernier. Sans oublier Lufthansa qui supprime 3 000 vols cet été. La compagnie allemande qui n’hésite d’ailleurs pas à reconnaitre qu’elle opte aussi sur la hausse des tarifs pour réguler la demande.