Jusqu’où une compagnie aérienne peut-elle confier ses opérations à l’intelligence artificielle ? Pour International Airlines Group (IAG), la réponse ne dépend pas seulement des performances technologiques. Elle suppose aussi d’évaluer les risques liés à une erreur et la capacité de l’entreprise à reprendre la main.
Ben Dias, Chief AI Scientist d’IAG, a présenté cette approche lors du Skift Data + AI Summit Europe, organisé à Londres le 6 octobre 2026. Le groupe doit en effet intégrer l’IA dans un environnement où la sécurité, les contraintes réglementaires et la continuité des opérations imposent des exigences particulières.
Trois questions pour mesurer le risque
Selon le compte rendu publié par PhocusWire le 8 octobre, IAG s’appuie sur trois questions pour déterminer si un processus peut être automatisé par l’IA : quelle est sa criticité, quelle serait l’étendue des conséquences d’une défaillance et quelle solution de repli est disponible en cas de problème ?
Cette grille permet de distinguer les tâches dont une erreur reste facilement réversible de celles dont les conséquences peuvent affecter plusieurs activités ou perturber les opérations. L’existence d’un mécanisme de reprise constitue un autre élément déterminant : automatiser un processus ne signifie pas nécessairement renoncer à toute intervention humaine.
L’objectif est de ne pas considérer l’automatisation comme une fin en soi. Dans le transport aérien, où les décisions opérationnelles peuvent avoir des conséquences en chaîne, la valeur d’un système d’IA doit être mise en regard du risque qu’il introduit.
Déployer progressivement à l’échelle du groupe
Cette prudence s’inscrit dans une stratégie plus large. IAG privilégie des transformations ciblées, notamment dans les activités de maintenance, de réparation et de révision des appareils, plutôt qu’une automatisation généralisée décidée en une seule fois.
Dans un entretien publié en amont du sommet, Ben Dias expliquait que le groupe préfère commencer par une compagnie, mesurer les résultats et étendre ensuite les solutions qui ont fait leurs preuves. La gouvernance et la conformité doivent, elles aussi, être intégrées dès la conception des projets.
Cette méthode répond à la complexité d’un groupe qui rassemble plusieurs compagnies, marques et environnements opérationnels. Une solution efficace dans une entité ne peut pas nécessairement être reproduite à l’identique dans toutes les autres.
Pour les compagnies aériennes, l’IA ouvre des perspectives en matière de maintenance, d’aide à la décision, de gestion des opérations et d’expérience client. Mais les gains attendus doivent être évalués au regard des coûts de déploiement, de la fiabilité des systèmes et des procédures nécessaires pour traiter les exceptions.