L'Italie s'apprête à connaître une semaine de perturbations dans les transports avec deux mouvements de grève successifs touchant l'aérien et le ferroviaire. Ces actions, initialement programmées mi-février, avaient été reportées à la demande du ministre des Transports Matteo Salvini afin de ne pas perturber les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina.
Le jeudi 26 février, l'ensemble du secteur aérien italien sera paralysé par un mouvement de grève de 24 heures. L'action mobilisera les pilotes, le personnel de cabine et les agents au sol dans tous les aéroports du pays. Les principales plateformes concernées sont Milan Malpensa, Milan Linate, Rome Fiumicino, Venise Marco Polo et Vérone Valerio Catullo.
ITA Airways a d'ores et déjà annoncé l'annulation de plus de la moitié de ses vols programmés pour cette journée (55%). La compagnie a toutefois indiqué que ses liaisons long-courriers seraient préservées et que des perturbations étaient également à prévoir sur les vols du mercredi 25 et du vendredi 27 février en raison des réorganisations d'équipages. Les passagers dont les vols sont annulés ou retardés de plus de 5 heures peuvent demander un réacheminement ou un remboursement sans frais.
EasyJet figure également parmi les compagnies touchées par ce mouvement social. Selon les estimations d'AirHelp, plus de 1.800 départs pourraient être affectés, touchant potentiellement 270.000 voyageurs. Conformément à la législation italienne sur les services minimaux, certains vols seront maintenus durant les créneaux d'intérêt public, soit de 07h à 10h et de 18h à 21h. Néanmoins, les syndicats et les compagnies aériennes préviennent que les annulations et les changements d'horaires se répercuteront sur l'ensemble du réseau.
Le trafic ferroviaire paralysé le week-end
Le trafic ferroviaire prendra le relais avec une grève nationale de 24 heures qui débutera le vendredi 27 février à 21h pour s'achever le samedi 28 février à 20h59. Ce mouvement concernera aussi bien le transport de passagers que le fret et affectera les principaux opérateurs du pays : Trenitalia, ainsi qu'Italo et Trenord. Les conducteurs de train et le personnel de bord cesseront le travail simultanément, entraînant des perturbations sur l'ensemble du réseau national, y compris les liaisons à grande vitesse, les trains Intercity et les services régionaux. Trenitalia a prévenu que des désagréments pourraient également survenir avant et après les horaires officiels de la grève en raison des réajustements de planification. Trenord a déjà annoncé la mise en place de services de bus de remplacement pour assurer les connexions vers les aéroports si les liaisons ferroviaires sont suspendues.
Origines du conflit social
Les revendications portent principalement sur la revalorisation salariale et l'amélioration des conditions de travail. Les syndicats du secteur aérien réclament une augmentation salariale de 6% pour compenser l'inflation, alors que les employeurs proposent une revalorisation de 2,8%. Les organisations syndicales demandent également des garanties concernant les périodes de repos dans le cadre de la transposition des nouvelles limitations européennes du temps de vol, qui doivent être mises en œuvre en Italie d'ici avril 2026.
Les négociations avec les employeurs se sont enlisées ces dernières semaines, conduisant à la confirmation de ces deux journées d'action après leur report initial.
Une troisième journée de perturbations est déjà programmée pour le samedi 7 mars. Les contrôleurs aériens du centre de contrôle de la navigation aérienne de Rome Fiumicino (ENAV) ont prévu une grève de 8 heures qui devrait entraîner des retards et des annulations de vols.