Kérosène : les prix pourraient rester « follement élevés » jusqu’en 2028, selon Michael O'Leary

Lors d’une conférence de presse d’Airlines for Europe, le CEO de Ryanair a averti que la flambée du carburant pourrait durer encore 12 à 18 mois. Une perspective qui menace les marges des compagnies et annonce de nouvelles hausses tarifaires.

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David Keller

David Keller

9 octobre 20262 min de lecture

Ryanair menace de porter plainte contre les aides publiques aux compagnies
Michael O'Leary, PDG de Ryanair.© Archives DéplacementsPros.com

Le transport aérien européen doit se préparer à vivre avec un kérosène durablement cher. Le 8 octobre, lors d’une conférence de presse organisée par Airlines for Europe (A4E), Michael O’Leary, directeur général de Ryanair Group, a estimé que les prix du carburant pourraient rester à des niveaux « follement élevés » (« insanely higher ») jusqu’en 2028, sous l’effet du conflit avec l’Iran.

« Le kérosène coûte actuellement environ 50% de plus qu’avant la guerre, et je ne vois pas cette situation changer au cours des 12 à 18 prochains mois », a-t-il déclaré aux journalistes. « Nous sommes tous confrontés à un énorme défi en matière de coûts l’année prochaine. »

Les tarifs aériens sous pression en 2027

Pour les compagnies, l’enjeu dépasse la seule hausse des coûts d’exploitation. Les stratégies de couverture carburant permettent d’amortir les fluctuations, mais leur efficacité dépend notamment des volumes protégés et de la durée des contrats. À mesure que les couvertures arrivent à échéance, les transporteurs deviennent davantage exposés aux prix du marché.

Michael O’Leary anticipe ainsi de nouvelles hausses des tarifs dans les prochains mois. Il avait déjà évoqué une augmentation possible de 15% à 20% des prix des billets durant l’été 2027. Lors de la conférence d’A4E, il a également estimé que les compagnies ne pourraient pas absorber durablement la flambée du carburant.

« Les compagnies aériennes ne peuvent pas survivre sans répercuter ces coûts de carburant extrêmement élevés sur les tarifs, et les clients devront payer », a-t-il affirmé, qualifiant la situation de « crise généralisée ».

Pour les travel managers, cette perspective complique la préparation des budgets 2027. Les hausses pourraient toucher les tarifs négociés comme les achats ponctuels, avec des conséquences sur les arbitrages entre compagnies, les dates de déplacement et la flexibilité des réservations.

Pas de pénurie immédiate attendue

La question de l’approvisionnement reste néanmoins distincte de celle des prix. Alors que des analystes ont alerté sur un risque de pénurie de kérosène en Europe au quatrième trimestre, le patron de Ryanair ne prévoit pas de rupture à court terme.

« Il n’y a aucune inquiétude concernant la disponibilité du kérosène en Europe cet hiver, ni, à vrai dire, jusqu’à l’été prochain »

La conférence de presse réunissait également des dirigeants d’Air France-KLM, de Lufthansa, d’easyJet et d’IAG, maison mère de British Airways. Plusieurs compagnies ont déjà commencé à répercuter une partie de la hausse du carburant sur leurs tarifs.

Le scénario défendu par Michael O’Leary est donc celui d’un transport aérien confronté moins à un manque immédiat de carburant qu’à un renchérissement durable de son principal poste de coûts. Pour les entreprises, le risque est celui d’une nouvelle hausse des dépenses de déplacement, alors même que les politiques voyages cherchent à contenir les budgets.

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