La fermeture de l’espace aérien pakistanais continue de peser sur les compagnies aériennes indiennes. New Delhi cherche désormais une solution avec la Chine pour permettre à ses transporteurs de réduire les importants détours imposés sur certaines liaisons internationales.
Selon plusieurs médias du sous-continent, le ministre indien de l’Aviation civile, Kinjarapu Ram Mohan Naidu, a confirmé le 29 septembre que des discussions étaient engagées avec Pékin pour permettre aux compagnies indiennes d’utiliser un corridor aérien chinois autour de Hotan, dans le Xinjiang. L’objectif serait de créer une route alternative vers l’Europe et l’Amérique du Nord, sans avoir à contourner largement le Pakistan.
Le poids des détours
Depuis la fermeture de l’espace aérien pakistanais aux appareils indiens, les compagnies doivent modifier certaines routes entre l’Inde, l’Europe et l’Amérique du Nord. Les vols sont notamment contraints de remonter vers le nord, avec des temps de parcours et une consommation de carburant accrus.
Air India estime que ces restrictions peuvent augmenter de 29% les coûts de carburant sur certaines opérations et ajouter jusqu’à trois heures de vol à certaines liaisons long-courriers.
La compagnie évalue à environ 455 millions de dollars par an l’impact sur son résultat avant impôt. Ces contraintes s’ajoutent à un contexte déjà difficile pour les transporteurs indiens, marqué notamment par le niveau des prix du carburant et les perturbations du réseau international.
Le corridor de Hotan encore au stade des discussions
Le corridor envisagé passerait par Hotan, dans le sud-ouest du Xinjiang, avant de permettre aux appareils indiens de rejoindre les routes aériennes d’Asie centrale.
Pour New Delhi, l’enjeu est de retrouver une route plus directe vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Le dispositif pourrait également réduire les coûts d’exploitation et améliorer les temps de parcours.
Mais aucune autorisation n’a encore été accordée par Pékin. Le ministre indien a seulement confirmé l’existence de discussions. Le projet dépend donc d’un accord entre les deux pays et de la possibilité d’intégrer cette nouvelle route dans les réseaux de contrôle du trafic aérien chinois.
Pendant ce temps, Islamabad maintient sa décision d’interdire l’accès de son espace aérien aux appareils indiens. La restriction, régulièrement prolongée depuis le printemps 2025, reste en vigueur jusqu’au 24 octobre 2026, selon le dernier NOTAM (Notice to Airmen, l'avis officiel destiné aux professionnels de l’aviation) émis par les autorités aéronautiques pakistanaises.