La Cour des Comptes juge les aéroports bretons « obsolètes et trop coûteux »

Dans son rapport annuel publié ce mardi, la Cour des Comptes, qui se préoccupe de la façon dont sont dépensés les fonds publics, estime que le réseau aéroportuaire breton est trop dense et trop coûteux.

Le paysage aéroportuaire français s’est construit sur un objectif de désenclavement des régions et d’aménagement du territoire, le transport aérien apparaissant comme un levier de développement économique et de rééquilibrage des inégalités. Il en découle un
maillage exceptionnellement dense, unique en Europe et dans le monde. La France compte en effet près de 70 aéroports commerciaux de moins d’un million de passagers par an, contre 38 en Allemagne, 33 au Royaume-Uni, 25 en Espagne et 17 en Italie. Cette multitude de petits aéroports s’accompagne d’une très forte concentration du trafic aérien. En 2018, les 17 principales plateformes (dont Paris) représentaient à elles seules 95,5 % du nombre de passagers transportés, les 4,5 % restant se répartissant entre les 69 aéroports de moins d’un million de passagers.

La Bretagne, dont la configuration péninsulaire a longtemps rendu le développement économique dépendant du transport aérien, faute d’offre routière ou ferroviaire performante, est particulièrement représentative de cette situation. Avec huit plateformes accueillant des lignes commerciales régulières, elle dispose d’un réseau aéroportuaire particulièrement dense pour un trafic concentré, en 2018, à 80 % sur celles de Brest (1,1 million de passagers) et de Rennes (0,85 million de passagers.

Un réseau aéroportuaire breton que le Cour des Comptes juge « obsolète » et trop « coûteux. » D’autant plus que la mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV) a modifié les
conditions de desserte du territoire breton en rapprochant les principales agglomérations de Paris. La Cour estime, ainsi, que « la Bretagne dispose désormais d’un maillage ferroviaire très performant, avec une gare accueillant un train à grande vitesse pour 185 000 habitants, contre une pour 372 200 s’agissant de la France entière. » À titre d’exemple, le rapport 2020 de la Cour cite « la ligne aéroportuaire Quimper-Paris (trois allers et retours par jour en semaine conformément à l’obligation de service public) est concurrencée par une desserte ferroviaire assurant 11 liaisons quotidiennes.«