Pour accélérer sa transition écologique, l'Aéroport de Bordeaux vient de lever 170 millions d'euros auprès d'un groupe de banques régionales. Ce financement conditionne directement le taux de la dette à l'atteinte d'objectifs climatiques stricts et intègre un mécanisme de bonus-malus destiné à co-financer l'achat de carburants d'aviation durables (SAF).
L'Aéroport de Bordeaux a finalisé la structuration d'une dette de 170 millions d'euros auprès d'un consortium de banques régionales. Ce financement se distingue par son indexation directe sur les performances extra-financières de l'entreprise. Avec cet accord, la plateforme aéroportuaire adosse désormais 70 % de son encours global à des indicateurs de durabilité précis.
Les conditions fixées par les partenaires bancaires exigent l'atteinte de la neutralité carbone sur les opérations directes d'ici 2030. Sur le volet des émissions indirectes, l'aéroport s'engage à électrifier l'intégralité des postes avions d'ici fin 2026 et à réduire de 40% les émissions liées à l'escale à l'horizon 2028. L'accord comporte également une exigence sociale, avec l'obligation de former 75% des effectifs aux enjeux environnementaux avant 2030.
Aéroport de Bordeaux souhaite devenir un intermédiaire et un catalyseur de la décarbonation
La principale singularité de ce montage financier réside dans son mécanisme de bonus-malus, conçu pour sanctuariser le financement de la transition écologique. Si la plateforme atteint ses objectifs, elle reversera la moitié de la bonification de son taux d'intérêt à un fonds de soutien aux carburants d'aviation durables (SAF) qu'elle a elle-même lancé. En cas de non-atteinte des critères, les banques s'engagent à flécher 50% des pénalités financières vers ce même dispositif.
L'objectif de ce fonds est de fédérer les entreprises de Nouvelle-Aquitaine pour absorber une partie du surcoût à l'achat de ces nouveaux carburants. Cette approche opérationnelle fait directement écho aux récentes prises de parole de la direction sur l'évolution du modèle aéroportuaire. Face au "mur de surcoût" des SAF dénoncé par les compagnies aériennes, l'Aéroport de Bordeaux confirme sa volonté de dépasser son rôle historique d'opérateur d'infrastructures pour devenir un intermédiaire et un catalyseur de la décarbonation. Simon Dreschel, son directeur général, soulignait déjà l'importance de ce nouveau paradigme, présentant Bordeaux comme un "cas d'étude" grâce à la présence de fournisseurs locaux et à un partenariat stratégique avec le Port de Bordeaux.