Le parlement britannique redoute les changements aux frontières de l’Europe

244

Alors que le Royaume-Uni prévoit d’étendre l’ETA aux ressortissants européens à la mi-2024, date de l’adoption de l’EES par l’Union Européenne, le parlement britannique craint que les changements aux frontières entraînent de fortes perturbations sur les voyages.

Un comité parlementaire britannique s’inquiète de voir les déplacements entre l’Europe et le Royaume-Uni fortement perturbés en raison de la mise en œuvre du système d’autorisation de voyage électronique (ETA) britannique en parallèle de l’adoption, par l’Union Européenne, de deux nouvelles plateformes d’autorisation des voyages. Il s’agit du système d’entrée/sortie (EES) et du système électronique d’information et d’autorisation de voyage (ETIAS) de l’UE.

> A lire aussi : Où les business travelers européens voyagent-ils ?

Au regard du niveau de sensibilisation du public sur ces sujets et d’une faible coopération entre l’Europe et le Royaume-Uni, la Chambre des Lords a fait part de son inquiétude sur les perturbations de voyages susceptibles d’en découler. Craignant une communication autour de ces changements aux frontières trop faible, le parlement britannique appelle les autorités à la concertation afin de minimiser l’impact de ces évolutions sur les déplacements des voyageurs. 

« Le calendrier de mise en œuvre des changements aux frontières est extrêmement ambitieux. Il y a un manque de coordination avec l’UE sur le lancement de ses programmes, avec des défis et des retards susceptibles d’apparaître si le déploiement de l’ETA pour les citoyens de l’UE entre en conflit avec le lancement de l’EES”, a déclaré la commission dans un communiqué, comme le rapporte BusinessTravel Europe.

Royaume-Uni : l’ETA étendu aux ressortissants européens en 2024

Depuis le mois d’octobre 2023, les ressortissants qataris doivent fournir le précieux sésame pour se rendre au Royaume-Uni. L’ETA a depuis été étendu aux ressortissants de Bahreïn, de Jordanie, du Koweït, d’Oman, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Dans le courant de l’année, le gouvernement britannique envisage de rendre la procédure obligatoire pour les visiteurs en provenance des Etats-Unis et de l’Union européenne. 

> A lire aussi : Royaume-Uni : l’installation des nouveaux scanners 3D prend du retard

Confrontée à des retards, l’Europe prévoit le lancement de l’ESS en 2024 et celui de l’ETIAS à la mi-2025. Les deux systèmes s’appliqueront aux ressortissants britanniques et aux détenteurs de passeports de tous les autres pays non membres de l’UE en dehors de l’espace Schengen. Bien que le parlement britannique soutient la mise en œuvre de l’ETA sur le principe, il craint que les échéances ambitieuses du Royaume-Uni et de l’Europe entraînent de fortes perturbations. Le parlement britannique pointe également du doigt l’obligation faite aux passagers en transit dans les aéroports britanniques d’obtenir un ETA d’une valeur de 10 livres sterling. Une mesure jugée peu cohérente et déjà contestée par l’aéroport de Londres Heathrow.