Les voyageurs au départ des aéroports britanniques devront s'acquitter de tarifs revus à la hausse à compter du 1er avril 2026. Une mesure qui vise particulièrement les vols long-courrier et les jets privés.
À partir du 1er avril prochain, l'Air Passenger Duty (APD), la taxe britannique sur les passagers aériens, connaîtra une augmentation sur l'ensemble des destinations. Cette hausse, annoncée par la chancelière Rachel Reeves, vise à compenser plusieurs années d'indexation insuffisante par rapport à l'inflation. Pour les vols court-courrier en classe économique, l'augmentation reste modérée avec £2 supplémentaires (environ 2,30 euros), portant le tarif de £13 à £15 (17,50 euros). Les destinations concernées incluent l'ensemble de l'Union européenne, l'espace économique européen, ainsi que des territoires comme Gibraltar, les Canaries ou encore la Turquie, est-il indiqué sur le site du gouvernement.
L'impact est nettement plus marqué sur les liaisons long-courrier. Les passagers se rendant aux États-Unis, aux Émirats arabes unis, au Sri Lanka ou aux Maldives verront leur taxe passer de £90 à £102 (plus de 117 euros) en classe économique, soit une hausse de 13%. Pour les destinations ultra long-courrier comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon ou la Thaïlande, la taxe augmentera de £94 à £106 (122 euros). Les tarifs pour les classes supérieures connaissent une progression proportionnelle : en classe affaires ou Première, la taxe atteindra £253 (291 euros) contre £224 (258 euros) actuellement. L'augmentation la plus "spectaculaire" concerne les jets privés, dont la taxe bondit de près de 70%. Pour un vol court-courrier en jet privé, le montant passe de £84 à £142 (163 euros). Sur les destinations long-courrier, la facture s'envole de £647 à £1.097 (1.262 euros).
Une mesure critiquée par le secteur
Au Royaume-Uni, la Business Travel Association (BTA) a vivement critiquée à cette annonce. Son directeur général, Clive Wratten, dénonce "un obstacle majeur à la connectivité mondiale" et estime que cette taxe pèse sur "la connectivité qui fait tourner notre économie". Selon lui, l'APD constitue "un frein initial avant même qu'un visa ne soit traité ou qu'un hôtel ne soit réservé".
La BTA souligne que cette augmentation s'ajoute à d'autres mesures fiscales affectant les voyages d'affaires, notamment les frais de dépose-minute dans les aéroports britanniques, que l'association qualifie de "très controversés". Cette réforme s'inscrit dans un contexte plus large de révision de la fiscalité aérienne. La chancelière Rachel Reeves a confirmé en novembre 2025 qu'une nouvelle augmentation de l'APD interviendrait en 2027, cette fois indexée sur l'inflation des prix de détail. Le gouvernement britannique justifie ces hausses par la nécessité de maintenir des recettes fiscales durables et de corriger des années de sous-indexation.