Le succès des A321 à long rayon d’action inquiète Boeing

Les deux variantes à long rayon d’action du programme A320neo (LR et XLR) répondent aux besoins pour des vols long-courriers de point à point. Boeing envisage désormais de relancer son projet NMA visant à concevoir un nouvel avion sur le «milieu de marché».

Les gros porteurs sont les premières victimes de la pandémie. Les géants des airs B747 et A380, mais également l’A340 lui aussi un quadriréacteur, ont fait ces derniers mois l’objet de départs à la retraite anticipés. Plus gourmands en kérosène et plus difficiles à remplir dans le contexte actuel, ils laissent la place à des avions plus modernes et économes, dont l’A350 et bientôt le B777X. Sur le segment du «milieu de marché», les constructeurs misent bien sûr sur le B787 et l’A330. Mais un autre type d’appareil répond davantage aujourd’hui à certains beoins des compagnies, notamment des lignes long-courrier de point à point : des monocouloirs de dernière génération dotés d’un rayon d’action étendu. Ainsi, l’A321neo LR (pour Long Range) ne cesse de marquer des points. Avec des performances marquantes : l’un d’eux, opéré par la compagnie Azores Airlines, a récemment battu un record en reliant Lisbonne à Bogota (soit 7 780km !) en 9 heures et 49 minutes… Résultat, la liste des compagnies qui l’ont adopté est déjà éloquente, entre Tap Air Portugal, Air Arabia, Aer Lingus, SAS, Air Astana, Jetstar, JetBlue, Qatar Airways…

L’A321XLR, la version à très long rayon d’action (8 700 km), doit pour sa part débuter ses essais en vol l’an prochain pour une entrée en service en 2023. Le niveau actuel des commandes (près de cinq cents à ce jour dont Aer Lingus, Qantas, American et Wizzair) témoignent déjà d’un vrai succès commercial. Sa réduction de consommation de carburant par siège, de l’ordre de 30% par rapport à la génération précédente d’avions, est un argument fort dans la lutte contre le réchauffement climatique. Parmi les grandes compagnies l’ayant déjà adopté, l’américaine United a déjà commandé cinquante exemplaires fermes pour opérer notamment des vols transatlantiques.

Boeing peut-elle se contenter des familles d’appareils existantes ? Le constructeur de Chicago envisage de nouveau de compléter son offre sur le «milieu de marché », entre le B737 et le B787. Le projet NMA (new mid-market airplane) serait aujourd’hui relancé. Seule certitude : ce projet ne verra pas le jour avant au moins cinq ans. Airbus, sur ce segment, a un sérieux coup d’avance !