Outre la signature de deux accords-cadres pour circuler sur les axes Atlantique, la compagnie va construire son propre centre de maintenance. Une stratégie d'émancipation industrielle indispensable pour gagner son dépendance vis à vis du groupe SNCF.
Il y a quelques jours seulement, l'opérateur privé Le Train annonçait la signature de deux accords-cadres avec SNCF Réseau pour ses futures circulations sur deux axes stratégiques à grande vitesse : Bordeaux–Paris et Rennes–Paris. Dans ce contexte d’ouverture à la concurrence, elle s’est par ailleurs positionnée sur le premier lot TER ouvert en Aquitaine, qui comprend six lignes régionales en Poitou-Charentes.
Mais pour opérer efficacement et optimiser les rotations de ses futurs TGV, encore faut-il pouvoir les entretenir en toute autonomie. Si Le Train s'était un temps positionné sur le futur centre de maintenance développé par Lisea à Marcheprime (Gironde), le concessionnaire privé de la LGV Tours-Bordeaux lui a finalement préféré son concurrent Velvet. Une décision qui a poussé la compagnie charentaise à revoir sa stratégie pour garantir son indépendance, comme le révèlent nos confrères de la Tribune. « N’étant pas retenu comme opérateur principal par Lisea, nous avons décidé de financer la construction de notre propre atelier », justifiait Alain Gétraud. Après deux ans de recherches le long du réseau à grande vitesse de l’Ouest, Le Train a enfin déniché un foncier industriel adapté, sur le site industriel de La Janais au sud de Rennes. Selon La Tribune, il s'agirait d'un ensemble de 200 hectares, dont un tiers de la surface est aujourd'hui en reconversion.
Une tendance de fond chez les nouveaux arrivants
Cette volonté de s'affranchir des infrastructures historiques pour sécuriser sa maintenance s'inscrit dans une dynamique globale chez les nouveaux entrants. À l'instar de Le Train, d'autres acteurs majeurs font de la maîtrise de leur outil industriel un véritable levier de croissance face au groupe SNCF.
C'est notamment le cas de Trenitalia France. Plus de quatre ans après son arrivée dans l'Hexagone, la compagnie italienne vient de remporter un appel d’offres pour l'exploitation du site de Maisons-Alfort Pompadour (MAPO), dans le Val-de-Marne. Avec ce contrat de concession de 35 ans portant sur plus de 20.000 m² d'infrastructures, l'opérateur s'émancipe définitivement des installations partagées avec la SNCF. Ce nouveau pôle industriel doit lui permettre d'accompagner ses ambitions de développement, en France comme en Europe, et de préparer le terrain pour sa future liaison transmanche Paris-Londres attendue d'ici 2029.