Le transport aérien demande un report du protocole Entry/Exit System (EES)

Les grandes organisations représentatives du transport aérien, ainsi que les Entreprises du Voyages, prévoient que la mise en place de l’EES – repoussée au mois de septembre prochain – occasionnera quand même d’importants retards aux frontières françaises. Et elles en demandent un nouveau report.

IATA, les Entreprises du Voyage (EDV), le BAR France, la FNAM et le SCARA ont envoyé fin février une lettre à Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, au sujet de l’entrée en vigueur du protocole “Entry/Exit System” (EES), qui concerne l’enregistrement des données d’entrée, de sortie et de refus d’entrée des ressortissants des pays tiers de l’Union Européenne entrant dans un de ses États Membre.

«Nous souhaiterions à nouveau attirer votre attention sur l’impact considérable que l’entrée en vigueur de l’EES aura sur les opérations du transport aérien en Europe, et tout particulièrement en France, écrivent-ils dans ce courrier. Bien que l’entrée en vigueur ait été récemment repoussée au mois de septembre prochain, nous considérons que cette date continue de menacer sa bonne mise en œuvre. En effet, cette période proche de la haute saison, synonyme de très forte activité pour les compagnies aériennes, les aéroports et autorités de contrôle aux frontières en France, rendra très difficile la gestion et l’allocation des ressources nécessaires en amont pour la mise en place optimale du système comme la formation et les essais».

Les informations de l’ensemble des parties intéressées indiquent qu’actuellement le temps de traitement des flux de passagers a doublé dans les aéroports par rapport à la situation avant la crise, à cause des différentes mesures liées à la crise de la Covid. « Les études montrent que l’EES va également doubler ce temps de prise en charge, ce qui, tandis que nous envisageons une reprise tant attendue de notre secteur en 2022, occasionnera de nouveaux retards inacceptables aux frontières françaises, avec un très fort impact sur l’expérience passager, et renverra une image négative de notre pays » est-il précisé dans le courrier. A ce jour, nous observons également l’absence d’expérimentations permettant de recueillir des informations basées sur des situations réelles et d’éventuels ajustements nécessaires afin de fluidifier les flux de passagers liés à la mise en œuvre de l’EES ».

Enfin, il est acté que le coût d’investissement des kiosques sera pris en charge par les autorités, mais ceci ne semble pas être le cas pour les coûts récurrents de fonctionnement qui devraient l’être également. Il nous semble donc important de rappeler que le financement des moyens et des ressources humaines nécessaires pour réaliser le processus de contrôle aux frontières devrait incomber à l’Etat, de sorte que cela n’impacte pas, directement ou indirectement, les compagnies aériennes qui supporteront déjà, de leur côté, le coût d’ajustement de leurs systèmes et process à l’EES.

Les co-signataires espèrent une prise en compte des différents éléments ci-dessus afin d’assurer la mise en œuvre la plus optimale de l’EES en France, ce qui serait dans l’intérêt commun. Cela inclut donc la possibilité de considérer le report de sa mise en place dans le cas où certains points de blocages persistaient. La FNAM souhaite notamment la repousser à 2023.