Les Aéroports français voient les low-costs comme principaux acteurs de la relance

L’Union des Aéroports Français & Francophones Associés (UAF & FA), dans le contexte de crise, est convaincue que le certificat sanitaire est le bon outil pour relancer l’activité avant l’été. L’organisation regrette dans le même temps de devoir se mobiliser contre les articles 36 et 37 de la loi Climat et Résilience.

La conférence de presse annuelle de l’Union des Aéroports Français & Francophones Associés (UAF & FA) a été organisée cette année en format digital. A cette occasion ont été présentés les résultats de son enquête portant sur le trafic 2020. « Le trafic passagers des aéroports français est en diminution de 67.3% par rapport à 2019« , a d’abord rappelé Nicolas Paulissen, le délégué général de l’organisation professionnelle des aéroports français, forte de 150 adhérents. Représentant à elles seules plus de la moitié du trafic des aéroports métropolitains, les plateformes parisiennes (CDG et Orly) ont enregistré une baisse un peu plus forte (-69.4%) que celle des aéroports en région (-67.2%). Ceux-ci ont en effet un trafic domestique plus important et ont ainsi moins subi l’impact de la crise. Les aéroports corses sont ceux qui ont enregistré les baisses de trafic les plus limitées, liées à leur dimension insulaire et à la continuité territoriale. Idem pour les aéroports d’Outre-mer qui résistent mieux à la crise que les aéroports de Métropole.

Le low-cost porte le transport aérien français depuis dix ans ; il a représenté 86% de la croissance des aéroports de l’hexagone entre 2009 et 2019. L’an dernier, il comptait encore pour le tiers du trafic passagers en France métropolitaine, près de la moitié pour les aéroports régionaux. Or, les compagnies à bas coûts ont été légèrement plus impactées que les autres transporteurs pendant la crise. « Mais le domestique et l’Europe repartiront avant le long-courrier, ainsi que les segments loisir/tourisme/affinitaire avant le voyage d’affaires (…). Et les low-costs participeront ainsi de façon conséquente à la relance » a souligné Thomas Juin, le président de l’UAF.

« La première des conditions à la reprise, c’est de pouvoir voyager sans quarantaine » a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il ne fallait pas manquer le rendez-vous du printemps et surtout de l’été. « Nous sommes plus optimistes qu’il y a quelques mois. Le certificat sanitaire est l’outil que l’on attend pour que les gouvernements européens puissent s’accorder avant l’été. La France doit se positionner le plus rapidement possible sur la question, envoyer des signaux à la filière touristique« .

« Les gens auront à cœur de voyager, mais ce qui va manquer c’est l’offre davantage que la demande » a ajouté Thomas Juin. La connectivité aérienne de l’Hexagone va devoir être reconstituée en 2021 et 2022. Mais pour soutenir la reprise, dans un environnement où la France est mal placée par rapport à ses voisins, en terme de fiscalité du transport aérien, le gouvernement doit s’employer à réduire les écarts qui handicapent les acteurs français du secteur, selon l’UAF. D’autant que les aéroports sont fragiles au regard de l’importance de leurs coûts fixes, atteignant 80% des charges, alors que les compagnies aériennes, par exemple, ont une capacité d’adaptation supérieure, avec jusqu’à 70% de coûts variables.

Thomas Juin est également longuement revenu sur la loi Climat et Résilience « qui nous mobilise dans cette période difficile. Pourquoi l’UAF a-t-elle une position ferme sur le sujet ? Car la philosophie de cette loi est complètement inopérante. Elle s’inscrit dans la continuité de la Convention Citoyenne sur le Climat. Nous partageons le même objectif de réduire les émissions de CO2. Mais la logique pour y parvenir, basée sur la décroissance de l’activité aérienne, est illusoire« .

Les députés ont voté en première lecture, ces jours-ci, les articles 36 et 37 approuvant pour le premier la suppression de lignes domestiques quand il existe une alternative en train de moins de 2h30, et pour le second d’encadrer les extensions des aéroports français. Certains opposants au transport aérien souhaitent d’ailleurs aller beaucoup plus loin et préconisent l’arrêt pur et simple des liaisons domestiques. Thomas Juin a rappelé que le trafic entre les régions, « de 2009 à 2019, a progressé de 70%, quand il a stagné sur les radiales. Il n’y aura pas demain des LGV sur tout le territoire. Et la demande pour les lignes transversales restera forte« . L’UAF réaffirme ainsi son opposition aux articles 36 et 37. Concernant ce dernier, « c’est aux territoires de décider de ce qui est pertinent ou non, et non à l’État », a insisté Thomas Juin.

Le discours de vérité, a-t-il poursuivi, c’est qu’il existe des solutions d’ici le déploiement des avions décarbonés. Le renouvellement des flottes en est une mais nécessite d’aider les compagnies aériennes à se maintenir à flot sur le plan financier. A moyen-terme doit être également déployée une ambitieuse filière de production de carburant alternatif, soutenue par l’Europe et des politiques publiques incitatives.