Le syndicat de pilotes allemand a appelé à une nouvelle grève pour les 12 et 13 mars 2026, affectant les vols de la compagnie principale Lufthansa et de sa filiale CityLine.
Le premier groupe européen de transport aérien fait face à un nouveau conflit social. Après un premier mouvement le 12 février dernier qui avait entraîné l'annulation de 800 vols et impacté près de 100.000 passagers, les pilotes allemands remettent la pression sur leur direction. Le président du syndicat Vereinigung Cockpit, Andreas Pinheiro, a déclaré : «Nous aurions vraiment aimé éviter une nouvelle escalade, mais il n'y a toujours aucune offre sur la table ». Le syndicat reproche à la direction de Lufthansa l'absence de propositions concrètes concernant la retraite complémentaire d'entreprise des pilotes, jugée insuffisante.
Pour la filiale CityLine, spécialisée dans les vols régionaux, le conflit porte sur les négociations salariales. Le syndicat a rejeté l'offre de la direction, jugée « largement en dessous » des revendications. Arne Karstens, négociateur en chef du syndicat, a également dénoncé une clause d'« obligation absolue de paix sociale » qui, selon lui, rendrait le syndicat « de facto incapable d'agir chez CityLine ».
Une exception liée au contexte géopolitique
Dans une décision inhabituelle, le syndicat a annoncé que les vols passagers à destination de plusieurs pays du Moyen-Orient ne seraient pas concernés par le mouvement de grève. Cette exemption s'applique aux liaisons desservant l'Égypte, l'Azerbaïdjan, le Bahreïn, l'Irak, Israël, le Yémen, la Jordanie, le Qatar, le Koweït, le Liban, Oman, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. La guerre, qui perturbe considérablement le trafic aérien dans la zone, a déjà conduit Lufthansa à suspendre ou annuler plus de 3.400 vols vers ces destinations et à éviter entièrement les espaces aériens iranien et irakien. Le syndicat a également précisé que les vols de rapatriement mis en place pour évacuer les touristes « vulnérables » bloqués dans la région en raison de la fermeture des espaces aériens ne seraient pas impactés par la grève.
Lufthansa appelle au dialogue
Dans un courriel adressé à l'AFP, la direction de Lufthansa a affirmé « rester ouverte au dialogue » et a « invité le syndicat à reprendre les discussions ». La compagnie a souligné que « les grèves doivent toujours rester le dernier recours », tout en présentant par avance ses excuses aux passagers pour les désagréments occasionnés. La grève débutera jeudi 12 mars à 00h01 et se terminera vendredi 13 mars à 23h59 pour les vols de Lufthansa et Lufthansa Cargo. Le mouvement chez CityLine sera limité à la journée du jeudi. Les passagers concernés sont invités à consulter le site de la compagnie pour connaître les modalités de report ou de remboursement de leur billet.