Lyon-Turin : le train peut-il gagner du terrain face à l’avion ?
Si le train reste encore largement minoritaire pour les trajets entre la France et l’Italie, les résultats de l’enquête réalisée par Ipsos BVA pour TELT montrent qu’il existe une marge de progression. La future LGV Lyon-Turin devra toutefois répondre à des attentes très concrètes : un prix compétitif, un temps de trajet réduit et des horaires permettant notamment de voyager sur une seule journée.
Selon une étude publiée par Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT), la société chargée de la construction, puis de l'exploitation, de la section transfrontalière de la nouvelle liaison ferroviaire, seuls 16% des Français et 17% des Italiens déclarent se rendre au moins une fois par an dans une autre métropole européenne. Dans la plupart des cas, ces déplacements sont liés aux vacances et aux loisirs. Les motifs professionnels ou liés aux études restent minoritaires, avec 4% des réponses en France et 9% en Italie. La situation est toutefois différente dans les grands pôles urbains. À Lyon, 10% des personnes interrogées déclarent voyager vers une métropole européenne pour des raisons professionnelles ou liées aux études, contre 6% en Rhône-Alpes et 4% au niveau national. Le potentiel de clientèle affaires semble donc davantage concentré autour de la métropole lyonnaise que dans les territoires frontaliers italiens, où les déplacements professionnels vers l’Europe sont moins courants.
La voiture et l'avion encore privilégiés lors d'un déplacement transfrontalier
Pour les trajets régionaux et nationaux, la voiture domine encore largement, utilisée par 78% des Français et 75% des Italiens pour les déplacements au sein de leur région. Dès qu’il s’agit de rejoindre une autre métropole européenne, l’avion prend le relais. Il est utilisé par 43% des Français, contre 22% pour le train. En Italie, l’écart est encore plus marqué : 70% des personnes interrogées prennent l’avion, contre seulement 10% qui déclarent utiliser le train.
Pour TELT, la future liaison devra donc d’abord convaincre des voyageurs qui ont aujourd’hui l’habitude de prendre l’avion. Or, sur ce terrain, les attentes sont clairement identifiées. Un prix inférieur à celui de l’avion est la première motivation citée par 43% des Français et 28% des Italiens. La réduction du temps de trajet arrive ensuite, avec respectivement 25% et 22% des réponses. La possibilité d’effectuer un aller-retour dans la journée est également mise en avant, notamment dans les territoires directement concernés. Elle est citée par 7% des Français et 14% des Italiens comme la principale raison susceptible de les inciter à utiliser la ligne. En Maurienne, la proportion atteint 23%, à égalité avec le prix. Pour les professionnels, la possibilité de travailler à bord est citée par 15% des cadres. Elle est également mentionnée par 10% des Lyonnais et par 9% des habitants de Rhône-Alpes lorsqu’ils indiquent les raisons qui pourraient les conduire à préférer le train à un autre mode de transport. Parmi les personnes ayant déjà utilisé ou envisageant d’utiliser le train entre la France et l’Italie, le critère atteint même 29% dans la Métropole de Lyon, précise l'étude. Une perception très favorable côté français
Pour les entreprises, le train pourrait donc présenter un intérêt à condition de permettre un déplacement productif, et pas seulement un déplacement moins carboné. La ponctualité, la fréquence des départs, la possibilité de modifier facilement son billet et la capacité à réaliser un aller-retour dans la journée seront probablement aussi importantes que la vitesse affichée du service. > A lire aussi : Ferroviaire, le Lyon-Turin remis sur les rails
L’enquête révèle par ailleurs une perception largement favorable du projet : 91% des Français et 87% des Italiens estiment que le Lyon-Turin améliorera la mobilité et les échanges en Europe. Les moins de 30 ans, plus mobiles et davantage habitués au train, apparaissent comme une clientèle d’avenir. En France, 28% d’entre eux utilisent le train pour rejoindre une métropole européenne, contre 22% de l’ensemble de la population. En Rhône-Alpes, la proportion monte à 40%, démontrant une nouvelle fois que le train reste un mode de transport d'avenir.