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Nuisances sonores, emplois, mobilité : l’avenir de Paris‑CDG prend forme

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

9 octobre 20254 min de lecture

Paris-Charles de Gaulle : 1er aéroport européen pour la 4ème année
Paris-Charles de Gaulle : 1er aéroport européen pour la 4ème année© Adobe Stock

Près de six mois après avoir dévoilé sa vision pour l’aménagement de Paris-CDG à l’horizon 2035/2050, le groupe ADP dresse le bilan de sa concertation publique qui s'est tenue du 8 avril au 8 juillet 2025. 

Lors de notre venue au siège au sein du pôle de Roissy en mars dernier, Philippe Pascal, PDG d'ADP et Justine Coutard, la directrice générale déléguée, nous avait fait part de leur volonté "d'embarquer tout le monde pour faire de Roissy une référence mondiale". Quelques mois après avoir présenté leur vision pour l'aménagement de l'aéroport de Roissy à l'horizon 2035/2050, l'équipe dirigeante a tenu à nous faire part du bilan de la concertation publique ouverte entre le 8 avril et le 8 juillet 2025.

Baptisée CDG&Vous, son objectif était d'ajuster ou de modifier si nécessaire leur plan initial en fonction des retours, en allant chercher en particulier "des publics qui ont peu l'occasion de s'exprimer", précise Justine Coutard. En trois mois, le gestionnaire aéroportuaire a organisé 55 rencontres et a recueilli plus de 6.000 contributions, pour près de 20.500 avis. Un "record", selon l'équipe d'ADP qui se félicite d'une mobilisation supérieure aux attentes et aux concertations lancées pour le Terminal 4 ou Orly en 2024. 

Lutter contre les nuisances et favoriser l'emploi

Le groupe a mis le doigt sur deux attentes majeures : celle des nuisances (environnementales et sonores) et de l'emploi. Deux sujets centraux qui concernent tous les hubs aéroportuaires, mais particulièrement Roissy lorsque l'on sait que la zone est l'un des plus gros bassins d'emplois de France et que le trafic aérien réduit selon l'heure, mais ne s'arrête jamais vraiment. Concernant les nuisances, ADP prend de nouveaux engagements et promet :

  • D'amplifier le mécanisme de modulation des redevances aéroportuaires pour accélérer le renouvellement des flottes en prenant en compte l'impact environnemental (prévu en 2027) ; 
  • De donner "un coup d'accélérateur" sur les mesures anti-bruit avec la publication d'un baromètre annuel pour plus de transparence sur ce qui est mis en place et les effets produits (2026) ; 
  • De renforcer l'information du grand public sur les trajectoires et le bruit associé par la mise à disposition d'un nouvel outil pédagogique qui remplacera l'obsolescent "Vitrail" (2026).

 

ADP nous confirme néanmoins qu'à ce jour, aucun plafonnement au niveau du trafic ou couvre-feu n'est prévu. Le gestionnaire aéroportuaire estime que c'est à l'Etat de prendre ce type de décision, et se considère comme "pionnier" en matière de lutte contre les nuisances sonores.

40.000 postes en 10 ans

Concernant l'emploi, ADP souhaite être un "moteur de maintien de l'emploi" sur les 10 prochaines années avec la création de plus de 40.000 offres (10.000 créations et anticipation de 30.000 départs à la retraite - NDLR). "Il faut que notre vision d'aménagement de Roissy bénéficie aux jeunes du territoire, aux opérateurs et aux centres de formation", rappelle la directrice générale déléguée des aéroports parisiens. Le groupe s'engage ainsi à s'associer étroitement à France Travail et établir les besoins de compétences associées aux 40.000 postes à pourvoir sur la prochaine décennie. 

Hausse du trafic : modérée pour l'aérien, forte pour le ferroviaire

Selon Régis Lacote**,** Directeur général adjoint, en charge des opérations et de l'innovation et Directeur de Paris-Charles de Gaulle, de nombreuses attentes portent également sur la mobilité. Lors de la présentation de mars dernier, ADP avait insisté sur la multimodalité et anticipait une forte hausse du trafic ferroviaire. "Nous anticipons un doublement du trafic ferroviaire depuis et vers la gare TGV de Roissy d'ici 2030 et un triplement d'ici 2050", rappelle Régis Lacote qui mentionne l'arrivée du TER Roissy-Picardie fin 2026, le CDG Express en mars 2027, la ligne de métro 17 en 2030, et l'augmentation de l'offre et de la fréquence des TGV au départ de l'aéroport. La multimodalité comme atout pour les voyageurs, mais également pour les salariés basés à Roissy : "Si nous souhaitons créer de nouveaux emplois, il faut également que nous puissions les rendre accessibles", déclare l'équipe dirigeante. 

Cette concertation citoyenne n'est pas venue "chambouler" le plan prévisionnel d'ADP, mais a permis d'ajuster et de renforcer plusieurs mesures sur des points précis. Selon Justine Coutard, il s'agit de trouver de nouvelles capacités à partir de l'existant et d'être plus conforme aux engagement environnementaux pris par le groupe. Le gestionnaire aéroportuaire ne prévoit par ailleurs pas de retrouver le niveau de trafic de 2019 avant 2026, voire 2028, et décrit la situation actuelle comme étant toujours en phase de « reprise ». Autant d'éléments qui confortent l'équipe dirigeante dans sa décision d'abandon du Terminal 4 et de miser sur la modularité, l'intermodalité et le renouveau des infrastructures.

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