Patrick W. Diemer (BT4Europe) : « Développer une solution de calcul universelle pour vraiment réduire les émissions »

A l’occasion de sa venue à Bruxelles, Patrick W. Diemer, conseiller et co-fondateur de l’organisation professionnelle BT4Europe, a souhaité faire entendre la voix des acheteurs et des acteurs du Business Travel européens. Prônant l’accélération de la décarbonation du secteur, il souhaite que la fiabilité des données soit une priorité. 

Qu’êtes-vous venus présenter et/ou défendre la semaine dernière à Bruxelles ? 

Patrick Diemer : Lorsque nous sommes arrivés à Bruxelles nous avions trois priorités : militer pour la décarbonation du Business Travel, trouver des solutions pour « éduquer » et sensibiliser tous les acteurs aux questions environnementales et porter l’attention sur notre secteur. Nous avions publié un communiqué le mois dernier où nous réagissions au Count Emissions UE.

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Patrick W. Diemer – Advisor | Consultant | Investor | Mentoring Innovations  – Frankfurt/Rhein-Main | LinkedIn
Patrick W. Diemer, conseillé et co-fondateur de l’organisation professionnelle BT4Europe

Le Count Emissions UE est pour le moment un texte en révision. Il vise à établir une réglementation pour les pays membres en matière de décarbonation, notamment pour les industries liées au voyage et au transport. Nous avons donc échangé avec plusieurs experts et sommes venus à la conclusion qu’il fallait développer une solution universelle de calcul si nous voulons réduire considérablement nos émissions. Cette solution verra le jour sous la forme d’une plateforme ou d’un outil technologique qui s’implémente facilement et qui permettra aux acheteurs d’obtenir des données précises sur les émissions carbones de chaque option d’un voyage corporate. Nous souhaitons désormais accélérer et j’espère qu’elle sera mise sur le marché rapidement. Nous parlons pour le moment d’une arrivée au second semestre 2023. Au-delà de ce texte, BT4Europe était là pour porter la voix des acteurs du Business Travel et attirer l’attention sur les problématiques de notre secteur. Avant notre venue, Bruxelles n’avait rencontré ou échangé avec aucun acteur de notre industrie alors que nous sommes parmi les premiers concernés par ces mesures.

Quelles sont, selon vous, les solutions à mettre en place pour accélérer la décarbonation du secteur ? 

Je pense qu’il est important que les acheteurs soient dans une démarche de rendre les voyages d’affaires plus « verts ». Pour cela, nous avons besoin d’informations concernant l’empreinte carbone liée aux déplacements professionnels, et ce grâce à toutes les données disponibles pour faire le meilleur choix. Aujourd’hui encore les données auxquelles nous avons accès ne nous permettent pas de faire un choix suffisamment éclairé car elles ne sont pas fiables. Les méthodes de calcul ne sont pas les mêmes et parfois opaques. Ce que nous demandons aujourd’hui est l’homogénéisation des standards de calcul. Pour comparer les différentes options, notamment celles concernant les compagnies aériennes, il faut que les données soient fiables. Il en va de l’accompagnement des voyageurs et des acheteurs en matière de transition du secteur.

Les acheteurs ont-ils un rôle clé à jouer dans la décarbonation du marché ? Sont-ils prêts à payer plus cher pour des alternatives plus vertes ? 

Je pense que tous les acteurs aujourd’hui souhaitent aller dans ce sens et accompagner les changements. Leur rôle est clé puisque ce sont eux qui vont participer à la création d’une politique de voyages en entreprise et proposer les différentes options au voyageur final. A mon sens tout ne tourne pas autour de la problématique du coût. Les acheteurs et les entreprises sont prêts à payer plus cher pour une solution plus verte, dans la mesure de l’acceptable. C’est pour cela qu’il est essentiel que les acheteurs aient accès à des indices d’émissions de carbone fiables pour décarboner le secteur. Il était important pour nous que notre voix soit entendue et nous avons eu la chance d’avoir eu cette opportunité.