Pénurie de carburant : quel impact sur les déplacements professionnels ?

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Le conflit social qui oppose les syndicats et TotalEnergies et Esso-ExxonMobil empêche de nombreux Français de s’approvisionner en essence. En Ile-de-France, des files d’attente à rallonge se sont formées ce week-end et ce matin, des bus n’ont pas pu prendre le départ faute de carburant. La classe politique s’inquiète de la durée et des conséquences de cette grève, notamment pour les travailleurs. 

Ce week-end, de nombreux automobilistes ont essayé de trouver, non sans peine, une station-service approvisionnée en carburant afin de pouvoir aller travailler cette semaine. Certains d’entre eux ont été contraints de rouler sur plusieurs centaines de kilomètres pour pouvoir faire le plein, quand d’autres sont partis en pleine nuit pour limiter le temps d’attente, comme le relate nos confrères de France Info. La conséquence de ce mouvement de grève : un tiers des stations-service sont désormais touchées en France. En Ile-de-France, la situation est encore plus tendue puisque près de la moitié des stations franciliennes sont « en rupture d’au moins un produit », d’après le ministère de la Transition énergétique. Quatre départements (l’Oise, le Val-d’Oise, la Seine-Saint-Denis et les Yvelines) ont ainsi décidé d’interdire la vente de carburant dans des récipients de type jerrican jusqu’au 12 octobre. 

Des travailleurs bloqués chez eux

Ce matin, des travailleurs se sont résolus à demander une journée de télétravail ou ont choisi les transports en commun, faute de carburant. Un mal pour un bien me direz vous lorsqu’on habite en ville, mais une situation plus compliquée en zone rurale ou lorsqu’on occupe un poste qui nécessite de se déplacer tout au long de la journée. En Ile-de-France, le réseau de transport en commun est également impacté. Plusieurs lignes de bus, dont des lignes de remplacement, voient leur trafic perturbé suite à des difficultés d’approvisionnement en carburant. Très peu de bus devraient ainsi circuler aujourd’hui et les usagers de certaines lignes sont priés de reporter leurs déplacements dans la mesure du possible, notamment sur la ligne P et le RER E. 

Le gouvernement tente de rassurer les Français

Face à une situation qui risque de perdurer dans le temps, TotalEnergies propose « d’anticiper au mois d’octobre la négociation annuelle obligatoire qui était prévue en novembre », à la condition d’arrêter au préalable le blocage des trois raffineries françaises concernées. La direction d’Esso-ExxonMobil en France a annoncé dimanche soir dans un communiqué son intention de réunir ce lundi «les quatre organisations syndicales représentatives du personnel». Pour rappel, les syndicats réclament une augmentation de 10% des salaires pour l’année 2022, dont 7% pour compenser l’inflation et 3% au titre des bénéfices engrangés par le groupe.

Du côté du gouvernement, la classe politique s’inquiète des répercussions sur le long terme de cette grève et craint que le mouvement dure dans le temps. Gabriel Attal a assuré au micro de France Inter que l’exécutif mettait « la pression pour que le dialogue puisse se nouer le plus rapidement possible». La Première ministre, Elisabeth Borne a assuré que des « stocks stratégiques de carburants » avaient été libérés « pour alimenter les stations-service » et que ces livraisons arrivaient progressivement. Elle a également promis que la situation allait s’améliorer au cours de la semaine.