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Pour Eurostar, le nombre de voyageurs progresse plus vite que son chiffre d'affaires

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

2 juin 20262 min de lecture

Temple Mills, par où passeront les concurrents d’Eurostar
Temple Mills, par où passeront les concurrents d’Eurostar© AdobeStock

Après avoir annoncé ses 20 millions de passagers en début d'année, Eurostar dévoile ses résultats financiers pour 2025. Des chiffres qui révèlent une rentabilité sous contrainte, malgré une demande toujours solide.

En janvier dernier, Eurostar communiquait sur 20 millions de passagers transportés en 2025, +3% par rapport à 2024, avec une progression particulièrement marquée sur Londres-Amsterdam (+18,3%) et Londres-Allemagne (+10%). Ce mardi 2 juin, la compagnie annonce un chiffre d'affaires qui dépasse les 2 milliards d'euros, en hausse de 1,7% par rapport à 2024. Un rythme presque deux fois inférieur à celui du trafic passagers qui confirme que l'opérateur transporte davantage de monde, mais gagne proportionnellement moins par voyageur. 

En détail, l'EBITDA s'établit à 337 millions d'euros dans un contexte que la compagnie qualifie elle-même de « difficile » : inflation persistante, coûts d'infrastructure élevés au Royaume-Uni. Fin 2025, la dette brute d'Eurostar atteignait 650 millions d'euros, héritage du refinancement opéré en 2024. Un premier remboursement de 130 millions d'euros a été effectué en avril 2026, ramenant ce montant à 520 millions d'euros, précise un communiqué. 

Des investissements qui s'accélèrent

Et pour se donner les moyens de ses ambitions, Eurostar accélère ses investissements. Sur la nouvelle flotte, le premier versement concret a eu lieu : 90 millions d'euros ont été versés à Alstom en 2025 au titre de la commande de 50 trains Celestia, pour un engagement total de 2 milliards d'euros. Ces rames à double niveaux, attendues à partir de 2031, offriront 20% de capacité supplémentaire et ouvriront de nouvelles liaisons vers Francfort et Genève.

Côté gares, Eurostar a finalisé son nouveau terminal transmanche à Amsterdam, qui triple la capacité d'accueil, pour un investissement de plus de 20 millions d'euros engagé sur 2024-2025. Le programme de rénovation « Ruby » de la flotte continentale PBKA et les opérations de maintenance lourde sur les e320 complètent le dispositif pour tenir la flotte actuelle jusqu'à l'arrivée des Celestia. « Eurostar investit concrètement dans l'avenir avec une nouvelle flotte sur mesure, des gares et des terminaux qui s'agrandissent et une expérience client toujours plus innovante », a déclaré Gwendoline Cazenave, Directrice générale d'Eurostar.

Un monopole qui touche à sa fin

Ces résultats sont publiés alors que la pression concurrentielle n'a jamais été aussi concrète. Virgin Trains a obtenu l'autorisation du régulateur britannique pour accéder au dépôt de Temple Mills et vise un lancement sur Londres-Paris, Bruxelles et Amsterdam d'ici 2030, avec 12 trains Avelia Stream commandés à Alstom. Trenitalia France, de son côté, continue d'investir pour entrer sur la même liaison, malgré l'absence de feu vert réglementaire côté britannique.

Pour Eurostar, qui souhaite atteindre les 30 millions de passagers en 2030, l'enjeu sera de défendre sa position face à des entrants bien financés et déterminés.

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