Après plusieurs années dans le rouge, le groupe public affiche un résultat net positif de 217 millions d'euros pour l'exercice 2025. Un bilan positif porté par le dynamisme des filiales et un désendettement massif.
Le conseil d'administration de la RATP, désormais présidé par Xavier Piechaczyk, a validé des comptes 2025 qui viennent clôturer le chapitre difficile de la période post-Covid et qui marque le tout dernier exercice mené sous la présidence de Jean Castex. L'ancien Premier ministre laisse derrière lui une entreprise qui a effacé la perte de 25 millions d'euros enregistrée en 2024. Le chiffre d'affaires frôle désormais les 8 milliards d'euros, enregistrant une hausse de 11%. Cette dynamique ne repose cependant pas uniquement sur le réseau historique francilien. Ce sont les filiales, en France et à l'international, qui tirent véritablement la croissance avec un bond d'activité de 29%.
La fréquentation des voyageurs reste en deçà du niveau avant-Covid
Du côté des voyageurs, l'heure est également à la reprise, bien que celle-ci reste mesurée. Le trafic en Île-de-France a progressé de 1,7% sur l'année pour atteindre 3,14 milliards de trajets. Une hausse, portée par les récents prolongements des lignes 11 et 14 du métro ainsi que par les effets de la réforme tarifaire, plus favorable aux déplacements de longue distance. Si la dynamique est positive, le retour à la normale n'est pas encore acquis : la fréquentation globale du réseau accuse toujours un retard de 9% par rapport à son niveau de référence de 2019.
L'autre donnée mise en avant par la direction est la baisse de la dette nette. Amputée de 800 millions d'euros, elle s'établit à 4,9 milliards, ce qui permet à l'entreprise d'assainir ses finances. En détail, la cession des activités de bus au Royaume-Uni par RATP Dev a joué, mais c'est surtout le transfert de la propriété des bus et des dépôts à Île-de-France Mobilités (IDFM), ainsi que le refinancement de certaines rames de métro par l'autorité organisatrice, qui ont permis d'alléger le bilan de l'opérateur.
Du côté des investissements, le groupe maintient un effort soutenu, chiffré à 2 milliards d'euros et concentré à 95 % sur l'Île-de-France. Dans sa déclaration, Xavier Piechaczyk s'est félicité de "ces fondamentaux robustes qui constituent un socle rassurant pour la régie publique". Ce retour à la rentabilité arrive en effet à un moment charnière, l'entreprise entrant dans une phase critique de son histoire avec l'ouverture progressive à la concurrence de son réseau historique.