Redevances aéroportuaires : l'ART refuse la nouvelle proposition d'ADP

Alors que le groupe ADP avait revu sa copie en proposant un gel des tarifs pour l'exercice 2026 suite à un premier refus, l'Autorité de régulation des…

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

13 février 20262 min de lecture

Roissy CDG, troisième pire aéroport au monde
L'aéroport Roissy Charles de Gaulle.© Arnaud Gaulupeau pour Groupe ADP

Alors que le groupe ADP avait revu sa copie en proposant un gel des tarifs pour l'exercice 2026 suite à un premier refus, l'Autorité de régulation des transports (ART) a de nouveau opposé son veto cette semaine. 

Le bras de fer entre le gestionnaire des aéroports parisiens et le régulateur se poursuit. Après avoir vu sa première proposition d'augmentation tarifaire de +1,5% rejetée en décembre dernier, le groupe ADP avait soumis le 15 janvier 2026 une nouvelle grille tarifaire. Cette dernière misait sur la prudence proposant un gel global des redevances pour la période du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, assorti d'un ajustement technique visant à réduire l'écart entre les tarifs des vols internationaux et ceux dans l'espace Schengen. Une concession qui n'aura pas suffi à convaincre le gendarme des transports...

Dans sa décision rendue publique cette semaine, l'ART considère que même avec un gel des tarifs, la rémunération des capitaux investis par ADP reste excessive au regard des risques encourus. Le régulateur pointe du doigt une rentabilité prévisionnelle estimée entre 4,5% et 5,5%, bien supérieure au coût moyen pondéré du capital (CMPC) qu'il fixe à 4,3%. En clair, l'ART estime que le gestionnaire aéroportuaire dégage une marge de sécurité trop confortable sur le dos des usagers, notamment en raison d'hypothèses de trafic jugées trop pessimistes pour l'année à venir.

Des éléments nouveaux jugés insuffisants

L'ART reproche au gestionnaire de ne pas avoir intégré les nouvelles réalités du transport aérien dans ses calculs. Alors que le trafic a dépassé les attentes en 2025, ADP maintient des prévisions prudentes pour 2026-2027, ce qui a pour effet de minimiser les recettes prévisionnelles. De plus, l'Autorité souligne que le groupe n'a pas apporté d'éléments nouveaux suffisants pour justifier ses règles d'allocation des coûts, un point de friction qui avait déjà motivé le premier rejet de décembre.

Concrètement, ce refus d'homologation aboutit au maintien des tarifs actuels, comme le préconisait déjà le gestionnaire aéroportuaire dans sa nouvelle proposition. Faute de nouveaux tarifs validés, ce sont les redevances en vigueur depuis le 1er avril 2025 qui continueront de s'appliquer pour une année supplémentaire. 

ADP prévoit une hausse des redevances de +2,6 points par an jusqu'en 2034

Ce rejet est pourtant loin d'être symbolique puisqu'il intervient alors qu'ADP prépare le terrain pour son vaste plan d'investissement de 8,4 milliards d'euros sur la période 2027-2034. En invalidant les bases de calcul actuelles, l'ART envoie un signal fort avant les discussions sur le futur Contrat de Régulation Économique (CRE), présenté le 11 décembre dernier.

L'Autorité invite d'ailleurs le gestionnaire à accélérer les travaux avec les compagnies aériennes pour mettre ses règles comptables en conformité, condition sine qua non pour sécuriser le financement des futures infrastructures de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly.

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