Retards/annulations de vols : les compagnies aériennes veulent revoir les indemnisations

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Les retards et annulations de vols ont été nombreux cet été. Ce qui coûte cher aux compagnies aériennes qui veulent remettre en question la règlementation européenne Eu 261, soit une indemnité forfaitaire variant de 250 à 600 euros, en fonction de la distance et de l’importance du retard du vol.

Les compagnies aériennes s’inquiètent des demandes d’indemnisation qui leur coûtent chères, au sortir d’une crise sanitaire qui les a dûrement frappée. Il est vrai qu’elles ont annulé beaucoup de vols cet été, confrontées à une pénurie de personnel, à l’instar des aéroports.

Or, en cas d’annulation ou de retards, les passagers européens sont en effet en droit de réclamer, selon la règlementation européenne Eu 261, une indemnité forfaitaire selon la distance et le temps de retard du vol. Même si peu de personnes le savent et effectuent les démarches – 23% selon un sondage AirHelp, comme le rappelle notre confrère L’Echo Touristique – les compagnies aériennes sont tenues de les indemniser : 250 euros par passager pour tous les vols de moins de 1 500 km ; 400 € par passager pour tous les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km ; 400 € par passager pour tous les vols compris entre 1 500 et 3 500 km ; 600 € par passager pour tous les vols de plus de 3 500 km. Conformément à la réglementation européenne, les passagers éligibles à une indemnisation forfaitaire sont ceux ayant subi un retard de plus de 3 heures à l’arrivée à la destination finale, une correspondance manquée entraînant un retard sur la destination finale (de plus de 3 heures), un refus d’embarquement (faisant suite à un surbooking), ou une annulation de vol par la compagnie aérienne.

La présidence tchèque de l’Union européenne a laissé entendre qu’elle envisageait de relancer les discussions sur le sujet. Une précédente proposition de la Commission européenne préconisait de passer de 3 à 5 heures de retard avant d’indemniser. Les compagnies aériennes font valoir le décalage entre des billets vendus parfois 30 euros donnant droit à des indemnités de 250 euros, comme le rappelle volontiers l’association Airlines for Europe (A4E). Au Royaume-Uni, une réforme en cours lui donne déjà raison, qui vise déjà à indemiser par pallier, en fonction du prix du billet, un modèle que le patron de Ryanair, Michael O’Leary, verrait bien transposée au niveau européen. Mais cette logique d’indemnisation ne tient pas compte du fait que les passagers engagent parfois d’autres frais sur les déplacements (hôtels, excursions…), que certains prennent un moyen ou long-courrier en continuation de leur court courrier.

NB : sont concernés par les indeminisations les vols dont l’aéroport de départ est situé dans un pays membre de l’UE, ou l’aéroport d’arrivée et le siège social de la compagnie aérienne dans un pays membre de l’UE.