Retards et vétusté des trains : un plan Marshall pour la ligne Clermont-Paris !

L’Intercité Clermont-Ferrand/Paris fait régulièrement l’objet de très nombreux dysfonctionnements. Et le confort de ses rames laisse à désirer. Une somme vient d’être débloquée pour l’achat de douze nouvelles rames, et l’amélioration du réseau.

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La ligne Clermont-Ferrand/Paris est coutumière des retards. Cet été, 20% des trains sont arrivés au moins 15 minutes après l’heure prévue. On comptabilise 170 retards ces six derniers mois. Et certains font même les gros titres des journaux. Ainsi, en juillet dernier, avec 14h de retard, les passagers sont arrivés non le soir mais le lendemain matin. Le record était battu, de peu… Ce mardi, il y a eu de nouveau d’importants retards (jusqu’à 2h30) pour les Intercités assurant la ligne, dans les deux sens. Mais la SNCF n’y était pour rien : un piéton a été écrasé par un train à Moulins.

Les usagers sont vents debout. Et le groupe Michelin dont le siège est à Clermont n’est pas le dernier à montrer les dents. Jean-Baptiste Djebbari, le nouveau secrétaire d’État aux Transports, semble désormais vouloir prendre le problème à bras le corps. Il vient ainsi d’annoncer le déblocage de 2 milliards d’euros pour les lignes Paris/Clermont-Ferrand et Paris/Limoges/Toulouse. Cette somme concerne à la fois le matériel roulant et la régénération des voies.

Les rames Corail assurant ces lignes, plusieurs fois rénovées, ont entre 40 et 45 ans. C’est peu de dire qu’elles sont vieillottes. Les premières classes n’ont même pas la clim. «Le matériel roulant est vieux (…). Il doit être absolument remplacé. Nous allons financer dans la loi Mobilités le renouvellement de l’ensemble des matériels roulants, soit 700 millions d’euros pour les lignes vers Toulouse et Clermont-Ferrand», a-t-il annoncé vendredi dernier sur RTL. La moitié de cette somme concerne 12 nouvelles rames amenées à relier Paris à Clermont-Ferrand. L’espagnol CAF serait favori pour remporter l’appel d’offre, ce qui provoque l’ire du patron d’Alstom qui souligne la menace qu’un tel choix fait peser sur l’usine de Reichschoffen en Alsace. Ces rames devraient être livrées en 2023 et 2024. Les passagers devront prendre leur mal en patience…

La plus importante part des 2 milliards d’euros sera consacrée à la régénération des voies, très abimées, à l’amélioration de la signalisation, à la suppression de passages à niveau… Ces travaux devraient ainsi permettre d’améliorer la régularité, le point noir de la ligne.

On en profitera pour rappeler que les autres lignes de train auvergnates ne sont pas franchement en bon état. Et que l’arbre du Paris-Clermont cache une forêt peu flatteuse.