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Ryanair pulvérise ses records mais redoute les effets de la guerre au Moyen-Orient

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

19 mai 20263 min de lecture

Ryanair
Ryanair© Adobe Stock

La compagnie aérienne irlandaise a publié ses résultats annuels pour l'exercice clos en mars 2026, affichant un bénéfice de 2,26 milliards d'euros, en progression de 40% par rapport à l'exercice précédent. Une performance saluée par la direction, qui se montre toutefois prudente sur les perspectives de l'exercice en cours, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient et de volatilité des prix du carburant.

Entre mars 2025 et 2026, Ryanair a transporté 208,4 millions de passagers, soit une progression de 4% malgré les retards de livraison de 29 appareils Boeing B-8200. Le chiffre d'affaires total a bondi de 11% pour atteindre 15,54 milliards d'euros, porté à la fois par les recettes passagers, en hausse de 14% à 10,56 milliards d'euros, et par les revenus annexes, qui ont progressé de 6% à 4,99 milliards d'euros, comme l'indique la low cost à travers un communiqué. 

Par ailleurs, sa trésorerie brute s'établissait à 3,6 milliards d'euros à fin mars, après 1,9 milliard d'euros de dépenses d'investissement, 1,2 milliard d'euros de remboursements de dette et plus de 900 millions d'euros de distributions aux actionnaires. La trésorerie nette atteignait 2,1 milliards d'euros, un niveau qui doit permettre au groupe de rembourser la semaine prochaine son dernier emprunt obligataire de 1,2 milliard d'euros.

Flotte et développement : le MAX-10 en ligne de mire

Avec une flotte de 647 appareils, incluant désormais la totalité des 210 Boeing 737 « Gamechangers » commandés, Ryanair vise une croissance de trafic de 4% pour atteindre 216 millions de passagers en 2027. La prochaine étape du renouvellement de flotte repose sur le Boeing 737 MAX-10, dont la certification est attendue par Boeing pour la fin de l'été 2026. Les 15 premiers exemplaires devraient être livrés au printemps 2027, pour un total de 300 appareils à horizon mars 2034. La low cost précise que ces nouveaux appareils consomment 20% de carburant en moins et offrent 20% de sièges supplémentaires par rapport aux générations précédentes.

Des perspectives marquées par l'incertitude géopolitique et les pressions sur les coûts

Si la demande reste décrite comme « robuste » pour l'été 2026, avec 130 nouvelles routes ouvertes à la vente, les perspectives pour l'exercice en cours sont entourées de nombreuses incertitudes. La principale d'entre elles tient au carburant. Bien que 80% des besoins de la compagnie en 2027 soient couverts, les prix kérosène ont dépassé les 150 dollars le baril en raison du conflit au Moyen-Orient, exposant les 20% non couverts à une forte volatilité, précise la low cost. 

À cela s'ajoutent la hausse attendue des taxes environnementales européennes, estimée à 300 millions d'euros supplémentaires pour atteindre environ 1,4 milliard d'euros, des coûts de maintenance en progression sur une flotte vieillissante et des augmentations salariales accordées aux équipages dans le cadre de nouvelles conventions collectives pluriannuelles. Dans ce contexte, Michael O'Leary n'exclut pas une hausse des coûts unitaires d'un « pourcentage à un chiffre moyen » si les prix du carburant non couvert restent à leurs niveaux actuels.

Côté tarifs, la fenêtre de réservation plus tardive que l'an dernier complique la lisibilité commerciale. Après un premier trimestre qui devrait afficher des tarifs inférieurs de quelques points de pourcentage à ceux de 2026, le deuxième trimestre s'oriente vers une stabilité des prix, loin de la « légère hausse » initialement anticipée. « La visibilité pour le second semestre est nulle et il est bien trop tôt pour fournir des prévisions de résultat significatives pour FY27 », a reconnu le PDG, qui espère apporter un éclairage plus précis lors de la publication des résultats du premier trimestre, attendue fin juillet.

Le contrat de Michael O'Leary prolongé jusqu'en 2032

En marge des résultats financiers, Ryanair a indiqué que le Conseil d'administration et son PDG sont sur le point de finaliser une prolongation de son contrat de travail jusqu'en avril 2032, contre une échéance actuelle en 2028. Le nouveau contrat prévoirait une option d'achat sur 10 millions d'actions au prix du marché, mais son exercice resterait conditionné à l'atteinte d'objectifs ambitieux de croissance du bénéfice ou du cours de l'action. La direction précise qu'une consultation des principaux actionnaires institutionnels débutera dans les prochains jours.

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