SCARA : «L’État abandonne les compagnies aériennes françaises»

Le Syndicat des Compagnies AéRiennes Autonomes (SCARA) a réagi au plan de soutien à la filière aéronautique, présenté ce mardi matin par le Ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Le syndicat professionnel, dont la mission est la promotion et la défense du transport aérien en France et de sa pluralité, réunit plus de la moitié des compagnies françaises basées en métropole et outre-mer – dont ASL Airlines France, Air Corsica, Air Austral, Air Tahiti Nui, Air Antilles et Air Guyane – ainsi que des sociétés d’assistance aéroportuaire et de formation.

 » En décidant de limiter son soutien aux seules industries du groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS) et à Air France, c’est tout un pan de la chaîne de valeur du transport aérien allant des entreprises d’assistance en escale aux aéroports, des compagnies d’aviation d’affaires aux compagnies d’hélicoptère, des sociétés de maintenance aux sociétés de handling, des avitailleurs aux écoles de formation, sans oublier en premier lieu toutes les compagnies aériennes non Air France que l’État a décidé d’abandonner en pleine crise COVID-19.

Et ceci en dépit de la pleine conscience qu’il a des difficultés du secteur : « Les compagnies aériennes, malgré l’arrêt presque complet de leurs revenus, doivent faire face à des coûts non opérationnels importants (frais de personnel, coûts fixes, coûts financiers pour la constitution des flottes…). Elles sont donc dans une situation difficile, qui nécessite pour nombre d’entre elles un soutien renouvelé de leurs autorités nationales ou de leurs actionnaires. » (extrait du dossier de presse du 9 juin « Plan de soutien à l’aéronautique », page 9)

Ce choix assumé de l’État, de soutenir la seule compagnie Air France au détriment des toutes les autres compagnies aériennes françaises conduit à une distorsion de concurrence inacceptable. Est-il compatible avec le règlement européen ? La question est ouverte.

Cette décision a deux conséquences immédiates :

– Elle va accélérer le mouvement de disparition des compagnies aériennes françaises déjà sévèrement attaquées par une concurrence étrangère qui bénéficie d’un environnement social et fiscal bien moins contraignant dans leur pays de rattachement ;

– Elle va également accélérer la perte d’emplois qualifiés en France dans toute une branche industrielle essentielle au développement économique du pays et de ses régions.