SNCF : « En 2020, notre chiffre d’affaires a souffert mais ne s’est pas effondré »

Le groupe SNCF dévoilait aujourd’hui son bilan pour son exercice 2020. Une année fortement marquée par la crise sociale en début d’année, suivie par la crise sanitaire. 

« Une année un peu particulière », introduit Jean-Pierre Farandou, PDG du groupe SNCF. En effet, après avoir connu de forts mouvements de grèves début 2020, le groupe a dû faire face à l’impact de la crise sanitaire sur la durée. En 2020, le chiffre d’affaires du groupe atteint les 30 milliards d’euros, soit une baisse de 14% par rapport à 2019. Le résultat net, lui, recule de 3 milliards d’euros. « Notre chiffre d’affaires a souffert mais ne s’est pas effondré. Au final, -14%, cela n’est pas si mauvais compte tenu de la situation que nous avons vécu et nous le devons à la diversification de nos activités », ajoute Jean-Pierre Farandou. Côté trafic, le nombre de voyageurs transportés par la société ferroviaire a été divisé par 2 en un an. Sur la cible Affaires, le Président anticipe une baisse de 10 à 15% de la clientèle en 2021 : « Nous n’avons pas encore assez d’éléments pour calculer cela de façon exacte mais nous savons déjà que les réunions à distance et le télétravail vont avoir un impact durable sur les voyages de la clientèle professionnelle ». 

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Le groupe se félicite par ailleurs d’avoir su collaborer et communiquer étroitement avec le gouvernement afin de se coordonner et de s’adapter : « Le plan de relance de 4,5 milliards d’euros alloué au secteur ferroviaire nous a beaucoup aidé et nous avons pu mettre au point un plan important de notre côté pour faire face à cette crise ». L’objectif du plan de relance : rénover les gares et les infrastructures accueillant des voyageurs, sauvegarder le fret et relancer les trains de nuit avec l’ouverture de deux lignes en 2021. « Que cela soit clair, ce plan ne nous désendette pas, il est là pour aider le secteur ferroviaire », précise le PDG. 

La RSE comme ligne de conduite 

En parallèle, la société tient à préciser que malgré une crise sans précédent, elle n’en a pas moins oublié « l’avenir ». Du côté des investissements, le réseau et les gares restent la priorité, suivis par les objectifs RSE et la R&D : « En matière de RSE nous sommes désormais parmi les meilleures entreprises au monde et nous avons considérablement accéléré la recherche en matière de décarbonisation avec des trains autonomes ou hybrides. »

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Pour Laurent Trevisiani, directeur général délégué Stratégie Finances du Groupe SNCF, l’impact de cette crise est, « sans précédent sur nos comptes mais le groupe a montré une incroyable capacité de résilience ». De même, au delà d’une stratégie portée sur l’activité ferroviaire et la France, Laurent Trevisiani déclare que cette stratégie sera désormais axée sur Geodis et Keolis, deux filiales de la SNCF. 

2021, année de la concurrence

Enfin, Jean-Pierre Farandou rappelle que 2021 marquera l’année de la concurrence : « Face à cela notre stratégie sera une stratégie de volume et d’intérêt général. On ne peut plus aujourd’hui parler de développement durable sans parler de train en matière de transport. Pour rappel, un voyage en TGV permet de diviser par 2 l’empreinte carbone du voyageur par rapport à une personne seule dans sa voiture. » 

Concernant Eurostar, le groupe confirme qu’elle reste une filiale « stratégique » : « En tant qu’actionnaire nous participerons au sauvetage d’Eurostar avec les autres actionnaires et les Etats, à savoir la France et l’Angleterre. Des discussions sont en cours », a conclu Laurent Trevisiani.