SNCF : quand des trains de nuit et des Corail reprennent du service…

La compagnie ferroviaire relance dès cette année les trains de nuit Paris-Nice et Paris-Tarbes. Elle envisage également d’opérer dès l’an prochain des lignes longue distance en train Corail, à des tarifs très bas.

Un air de nostalgie plane-il à la SNCF ? Où tout simplement un réalisme de bon aloi alors que le contexte de crise s’ajoute à des préoccupations sociales et environnementales majeures ? Ainsi, le train de nuit connait un nouveau départ, au niveau national mais aussi européen. Il n’existe aujourd’hui que deux lignes nocturnes en activité, Paris-Rodez-Toulouse-Latour de Carol et Paris-Briançon. L’entreprise ferroviaire va en relancer deux autres, plus tôt de prévu, soit dès le 16 avril prochain le « train bleu » entre Paris et Nice, et en décembre cette année un train-couchettes entre Paris et Tarbes. Supprimée en décembre 2017, la première reliera la gare d’Austerlitz à Nice en passant par Marseille-Blancarde, Toulon, Les Arcs, Saint-Raphaël, Cannes et Antibes.

Le gouvernement contribue au renouvellement du matériel pour 100 millions d’euros ; l’exploitation des premières rames complètement désossées et remises à neuf est prévue cet été. L’exploitation des liaisons ferroviaires en train de nuit est en effet un défi économique pour la SNCF. Outre le confort, une place dans le train de nuit ne peut être vendue qu’une fois par jour (jusqu’à cinq fois pour une place en avion et jusqu’à quatre pour une place dans un train de jour). De plus, la production de trains de nuit est plus complexe et coûteuse, les services de nuit mieux payés… Et des mesures sanitaires spécifiques ont été prises dont la limitation provisoire à quatre personnes dans les compartiments couchette en seconde classe, contre six habituellement.

La SNCF envisage par ailleurs de lancer des trains «très bas tarifs» sur des lignes longue distance, en 2022 ou 2023, selon la lettre spécialisée «Mobilettre». Une alternative aux TGV, encore plus attractive sur le plan tarifaire que les TGV low cost Ouigo déjà très compétitifs. Sur des lignes classiques et non TGV rouleraient ainsi des trains Corail, permettant de relier à moindre coût – mais en nettement plus de temps – Paris à Lyon et Marseille, Rennes, Nantes et Bordeaux, Lyon à Nice…

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Avec cette nouvelle offre, la SNCF entend couper l’herbe sous les pieds de certaines de ses potentielles concurrentes qui envisageaient de s’attaquer au marché français avec la libéralisation du rail européen. Et elle répond dans le même temps à l’intérêt croissant pour le train, à l’heure où se multiplient les initiatives visant à favoriser ce mode de transport au détriment de l’avion.