Suppression de vols intérieurs : Bruxelles ouvre une enquête

L’initiative prise par le gouvernement français de supprimer les vols intérieurs en France en cas d’alternative en train de moins de 2h30 pourrait être remise en question par la Commission européenne.

L’UAF (Union des aéroports français) avait déposé plainte à Bruxelles contre la mesure du gouvernement, mi-septembre dernier. Le SCARA, le syndicat des compagnies aériennes autonomes, avait suivi un mois plus tard. Et la FNAM (Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers) avait ensuite manifesté son soutien à la démarche. La décision de Bruxelles d’ouvrir une enquête est sans surprise accueillie, chez ces derniers, avec une grande satisfaction. D’autant que le temps presse : le gouvernement envisagerait en effet de mettre en œuvre dès fin mars prochain cette décision de supprimer les vols intérieurs en France en cas d’alternative en train de moins de 2h30, initiative s’inscrivant dans le cadre de la loi Climat. Une mesure qui concerne les liaisons Marseille-Lyon, Orly-Nantes, Orly-Lyon et Orly-Bordeaux. Elle exclurait ainsi les dessertes de ces villes vers Roissy où une bonne partie des passagers sont en correspondance.

L’UAF conteste notamment la suppression de la ligne Orly-Bordeaux. Avec l’arrêt de ces dessertes par Air France, si Bruxelles retoque le texte français, d’autres transporteurs devraient se montrer intéressés par celles-ci, et notamment par la ligne entre Orly et Bordeaux (plus d’un demi-million de passagers par an avant la crise). Pour les deux aéroports, cela générerait du trafic et des revenus additionnels. Mais cela renforcerait dans le même temps (au moins) un concurrent d’Air France…