L'association professionnelle européenne, BT4Europe, prend position sur le projet de surtaxe des classes Business et Première. Elle met en garde contre des mesures fiscales "simplistes" qui pourraient avoir un impact économique important pour la filière.
Lors de la récente Conférence internationale de l’ONU sur le financement du développement à Séville, une coalition de huit pays – dont la France, l’Espagne, le Kenya ou la Barbade – a proposé d’instaurer une taxe mondiale sur les passagers de première classe, de classe affaires et les utilisateurs de jets privés. Soutenue par la Commission européenne, cette initiative vise à responsabiliser les voyageurs les plus aisés face à l’urgence climatique, et à financer l’adaptation des États les plus vulnérables.
L'IATA a déjà alerté sur les conséquences d'une telle mesure pour la rentabilité du secteur, les investissements dans la transition énergétique et la reprise post-Covid. Elle a insisté sur les marges très faibles de l'aérien et l’importance des passagers premium pour l’équilibre économique des compagnies, tout en rappelant son engagement vers la neutralité carbone d’ici 2050. Désormais, c'est au tour de BT4Europe de prendre position. Le réseau européen des associations de voyage d’affaires, met en garde contre une approche jugée "trop simpliste".
Le voyage d'affaires n'est pas un luxe
Selon elle, seulement 10 % des voyageurs d’affaires empruntent des cabines premium, mais la mesure risque d’assimiler à tort l’ensemble du voyage d’affaires à un luxe. Or, « le voyage d’affaires n’est pas un excès, il est essentiel pour connecter les économies, stimuler l’innovation et soutenir la croissance européenne », déclare Odete Pimenta da Silva, membre du board de BT4Europe. Cette décision pourrait avoir de lourdes conséquences sur l'écosystème du voyage d'affaires européen, dont l'affaiblissement de la compétitivité du marché unique, la réduction des recettes investies dans des solutions durables ou encore le renforcement de politiques strictes de mobilité en entreprise. BT4Europe appelle à une "politique climatique intelligente et fondée sur les données, qui aligne les objectifs environnementaux avec une fiscalité équitable, des investissements ciblés et des règles du jeu équitables dans tout le secteur." L'association exhorte également les décideurs européens à dialoguer avec la communité du Business Travel et à "élaborer des politiques qui soutiennent la durabilité et les besoins stratégiques de l’économie européenne".