Nouveaux tarifs SNCF : le corpo reste à quai

Mardi dernier, la SNCF a présenté sa nouvelle grille tarifaire. Un grand moment de solitude pour les entreprises et leurs collaborateurs voyageurs.

Depuis son arrivée à la tête de la SNCF, Jean-Pierre Farandou avait pour projet de refondre en profondeur la grille tarifaire de l'offre voyageur de son entreprise - et en particulier, pour cette première série d'annonces, celle du TGV. A force d'être traqué, le serpent de mer est finalement sorti de son trou. Le client y est présenté comme gagnant, évidemment, mais c'est à la pratique qu'on pourra en juger plus sûrement. Le gros de l'offre concerne avant tout et sans surprise la clientèle non professionnelle, c'est pourquoi, pour en connaître les détails, on vous renvoie à l'article de L'Echo Touristique.

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"La carte Avantage (socle de la nouvelle grille, ndr) n'est pas opérationnelle pour un voyageur seul en semaine, ceci pour en exclure les voyageurs professionnels"... Excusez-les de déranger ! L'ostracisation assumée, déclinée sur tous les tons par les différents responsables de la SNCF, ne s'est accompagnée d'aucune offre corpo : celles-ci seront dévoilées à la rentrée. Cette déconnexion des annonces, qui abandonne le business traveler à quai, frise la faute de goût. 

Le business vous salue bien

L'objectif affiché de cet effort de simplification et de lisibilité des tarifs a pour objectif de faire passer les 115 millions de trajets annuels de 2019 à 200 millions à l'horizon 2030. C'est ambitieux et pour que cette perspective devienne réalité, les voyageurs d'affaires seront bel et bien nécessaires. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'opération séduction ne démarre pas de la meilleure des manières. C'est dommage pour le transporteur français alors que le rail s'ouvre à la concurrence. En septembre prochain, les annonces concernant le corpo corrigeront peut-être la trajectoire; on attend ça avec autant d'impatience que de vigilance.

Ce wait and see quelque peu marri, c'est aussi la posture prudente de Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage. "En septembre, l'un des gros sujets, c'est notamment la disponibilité de l'offre Ouigo (l'offre TGV low cost, ndr) dans les GDS... On y travaille, et on va gagner, j'en suis persuadé", nous a-t-il confié.

Domicile-travail

Outre cette impression moins douce qu'amère, le déplacement professionnel n'est cependant pas totalement absent des annonces présentées ce mardi 1er juin. En sous-main et dans un cas particulier, celui des trajets domicile-bureau. La SNCF prend acte de la généralisation du télétravail - annoncée par beaucoup - et du mouvement d'exode des salariés des grands centres urbains, notamment d'Ile-de France. Pour ces navetteurs light, l'offre "Mon forfait Télétravail", c'est son nom, qui a au moins le mérite de la clarté, sera déployée en septembre 2021.

Ses détenteurs pourront l'utiliser lors de 250 trajets annuels TGV Inoui et Intercités en France, soit 2 ou 3 jours télétravaillés par semaine. Cet abonnement est proposé à un prix équivalant à 40% - nous annonce-t-on - de réduction par rapport à l’abonnement actuel, Mon Forfait Annuel. Il sera valable du lundi au jeudi. "Jeudi", et non pas vendredi car "le vendredi est souvent télétravaillé", justifie-t-on. On fait le pari que cette restriction vise à ne surtout pas empiéter sur les trajets loisir du week-end. Rendez-vous en septembre.