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Ouigo : la hausse de 73% est-elle justifiée ?

Une étude de la FNAUT, datant de janvier dernier, dénonce l'envolée tarifaire des TGV low cost. Le sujet rebondit ce vendredi 13 février suite au post LinkedIn d’Alain Krakovitch, directeur de TGV-Intercités, qui répond à l’étude et défend le modèle économique de la SNCF.

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David Keller

David Keller

15 février 20264 min de lecture

Ouigo : la hausse de 73% est-elle justifiée ?
Ouigo : la hausse de 73% est-elle justifiée ?© AdobeStock

Selon une étude publiée par la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), le prix moyen d'un billet Ouigo est passé de 19,80 € en 2017 à 34,20 € en 2023, soit une augmentation de 73%. Cette flambée tarifaire contraste fortement avec l'évolution des billets Inoui, dont le prix moyen n'a grimpé que de 4% sur la même période. Les chiffres, validés par l'Autorité de régulation des transports avant publication, ont déclenché une controverse médiatique importante et suscité une réponse détaillée d'Alain Krakovitch, directeur de TGV-Intercités à la SNCF.

L'étude qui accuse

L'analyse de la FNAUT met en lumière une dérive progressive du modèle économique de Ouigo. En six ans, le plafond tarifaire maximum est passé de 99 à 119 € pour certains trajets de plus de quatre heures. François Delétraz, président de la FNAUT, explique que cette évolution tarifaire ne s'explique pas uniquement par l'allongement des distances : “Le prix par kilomètre parcouru avec les trains bleu et rose augmenterait lui aussi entre 2017 et 2023, d'environ 68% en six ans”, précise-t-il dans les colonnes du Parisien. 

L'association pointe également la réduction progressive de l'offre Inoui au profit de Ouigo, dont le nombre de sièges par kilomètre a bondi quand celle des trains classiques diminuait légèrement. “Ce qui nous inquiète et qui n'est pas acceptable est le fait que le développement de l'offre Ouigo vient petit à petit grignoter celle d'Inoui dont la baisse est colossale”, dénonce François Delétraz. Les nouvelles rames Ouigo sont d'ailleurs des TGV Inoui transformés, dans lesquels le bar a été supprimé et le nombre de places augmenté de 556 à 634 sièges. Pour la FNAUT, cette dérive illustre un phénomène observé dans le secteur aérien low cost, où des compagnies prétendent vendre des billets à moindre prix qui ne le sont pas toujours : “La promesse marketing n'est plus au rendez-vous”, regrette ainsi le président de l'association.

Echo médiatique

Le communiqué de presse de la FNAUT a été largement relayé par les médias nationaux. De nombreux médias grand public ont repris les chiffres de l'étude, amplifiant le débat sur la stratégie tarifaire de la SNCF. Quant au Parisien, déjà cité, son enquête approfondie sur la grille tarifaire Ouigo, souligne que le tarif de 119 € est le plus élevé jamais pratiqué par l'entreprise. “Mardi et mercredi, les prix étaient gelés sur le site Internet et l'application Ouigo. Il met également en contraste ces opérations promotionnelles avec les tarifs maximums peu médiatisés. 

Challenges a également publié un long article détaillant l'évolution du modèle Ouigo et ses implications pour les usagers. Cette couverture médiatique massive a contraint la direction de TGV-Intercités à sortir du silence et à défendre publiquement sa politique tarifaire. Sur les réseaux sociaux, la polémique a pris de l'ampleur, avec de nombreux voyageurs témoignant de leur surprise face à des billets Ouigo parfois plus chers que des offres Inoui. La FNAUT a publié un second communiqué fin décembre pour souligner le succès de sa communication et l'importance du débat public sur la transparence tarifaire dans le secteur ferroviaire.

La défense d’Alain Krakovitch

Face à la polémique, Alain Krakovitch a publié une mise au point détaillée sur LinkedIn pour expliquer l'évolution des tarifs Ouigo depuis treize ans. « Face aux articles qui se multiplient, je tiens à dire ici la vérité des prix Ouigo », écrit, sur LinkedIn, le directeur de TGV-Intercités. Il avance deux arguments structurels pour justifier 80% de la hausse constatée. 

“On est passé de premiers Ouigo partant uniquement de gares dites secondaires à des départs des grandes gares parisiennes (Gare de Lyon, Montparnasse…)”, explique-t-il, soulignant que l'accès aux gares de centre-ville représente un surcoût significatif. Le second facteur concerne l'allongement des distances. “On est passé de Ouigo qui étaient concentrés sur des trajets courts (Lyon, Bordeaux…) à des Ouigo vers des destinations beaucoup plus lointaines (Hendaye, Perpignan, Brest)”, précise Alain Krakovitch. 

Les 20% restants de la hausse sont attribués à l'augmentation des coûts d'exploitation. Le dirigeant défend le succès commercial de l'offre en rappelant que 180 millions de clients ont pris Ouigo depuis sa création et que plus de la moitié des billets sont achetés à moins de 30 euros. “Un voyageur Ouigo sur deux n'aurait pas pris le train si Ouigo n'existait pas”, affirme-t-il, soulignant l'effet d'entraînement de la marque low cost. Alain Krakovitch insiste également sur la comparaison avec l'inflation, indiquant que les prix moyens des TGV Inoui et Ouigo ont augmenté de seulement 8% entre 2019 et 2024, alors que l'inflation des prix de la consommation atteignait 16% selon l'Insee sur la même période.

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