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Trafic aérien : comment le prix du SAF va dicter le rythme de la croissance mondiale d'ici 2050

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

17 mars 20263 min de lecture

TLongtemps perçu comme une option coûteuse réservée à une poignée de grands comptes, le Carburant d’Aviation Durable (SAF) commence à se frayer un chemin dans les politiques voyages.
TLongtemps perçu comme une option coûteuse réservée à une poignée de grands comptes, le Carburant d’Aviation Durable (SAF) commence à se frayer un chemin dans les politiques voyages.© AdobeStock

L'Association du transport aérien international (IATA) a publié ses nouvelles projections de la demande passagers à l'horizon 2050. Si le volume mondial devrait doubler d'ici 2050, tiré par l'Asie et l'Afrique, l'industrie devra faire face à l'intégration coûteuse des SAF. 

Le constat global reste résolument optimiste avec un trafic mondial qui devrait au minimum doubler dans les 25 prochaines années, mais les variables qui dicteront cette trajectoire soulèvent des interrogations pour l'ensemble de l'écosystème du transport. Le premier enseignement de ce rapport est la reconnaissance d'une rupture structurelle. En 2024, le trafic mondial s'établissait à 9.040 milliards de passagers-kilomètres payants (RPK). Selon le scénario médian de l'IATA, qui anticipe une transition énergétique fluide et alignée sur les objectifs de l'Accord de Paris, ce volume devrait atteindre 20.800 milliards de RPK en 2050, soit une croissance annuelle moyenne de 3,1%. L'association l'admet volontiers, car la pandémie de Covid-19 a laissé une "cicatrice permanente."

Une trajectoire qui restera impactée par la crise du covid

Historiquement corrélée à la croissance du PIB mondial, la courbe du trafic aérien a définitivement décroché. L'écart creusé depuis 2020 ne se résorbera pas, signifiant que le trafic aérien ne retrouvera jamais la trajectoire d'expansion qu'il aurait connue sans la crise sanitaire. Cette croissance, bien que plus modérée qu'au cours des trois dernières décennies, sera par ailleurs très inégalement répartie. L'Asie-Pacifique s'imposera sans surprise comme le premier marché mondial, passant de 3.100 milliards de RPK en 2024 à près de 8.400 milliards en 2050. L'Afrique affichera également une bonne dynamique. En parallèle, les marchés matures comme l'Europe ou l'Amérique du Nord se contenteront d'une progression beaucoup plus lente, oscillant entre 2,3% et 3% par an.

Le défi de la décarbonation comme fil rouge

Selon IATA, ke carburant d'aviation durable (SAF) n'est plus seulement perçu comme une nécessité environnementale, il s'impose désormais comme la variable économique déterminante pour la demande future. Dans son scénario médian, l'association projette que le SAF représentera 87% de l'énergie consommée par l'aviation en 2050, avec un prix minimum de vente estimé à 1.947 dollars la tonne. Cette intégration entraînera une hausse moyenne du prix du carburant de 2,3% par an, qui se répercutera inévitablement sur le prix des billets et modérera mécaniquement la demande.

Le scénario pessimiste (ou de transition perturbée) fait figure de véritable avertissement pour l'ensemble de la chaîne de valeur. Si les objectifs climatiques sont atteints de manière désorganisée ou tardive, ce même volume de SAF pourrait voir son prix exploser à 3.246 dollars la tonne. Une telle inflation freinerait la croissance du trafic, qui serait alors limité à 19.500 milliards de RPK, entraînant des tarifs aériens prohibitifs. Dans son rapport, l'IATA maintient un scénario haut dit "de laisser-faire", où le SAF serait inexistant en 2050 pour maximiser la croissance à court terme jusqu'à 21.900 milliards de RPK. Cette hypothèse semble aujourd'hui totalement déconnectée des réalités réglementaires, à l'image des mandats d'incorporation européens comme ReFuelEU et semble peu réaliste. 

En résumé, si l'aviation civile se dirige vers un doublement de ses volumes à l'horizon 2050, le rythme d'adoption des carburants durables et leur impact tarifaire resteront les véritables arbitres de cette croissance. L'industrie dispose d'un cap précis, mais la facture de la transition écologique s'annonce comme le grand défi des prochaines décennies.

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