Trainline : la concurrence, facteur incitatif à prendre le train

La première plateforme européenne indépendante de billets de train a profité d’une matinée de tables rondes pour rendre public les résultats de son étude sur l’ouverture à la concurrence du ferroviaire, et sur sa perception par les Français.

Trainline a réuni, mercredi matin dans un hôtel parisien, des acteurs du ferroviaire français et italien, afin de “faire le point sur les enjeux, challenges et opportunités de l’ouverture du rail à la concurrence”. Les échanges ont notamment porté sur deux initiatives, l’arrivée de Trenitalia sur la ligne Paris-Lyon-Milan en décembre dernier, et l’appel d’offres remporté par Transdev pour l’exploitation des TER de la ligne Marseille – Toulon – Nice à compter de l’été 2025. Mais de nombreuses autres initiatives devraient se concrétiser en 2023 et 2024, dont probablement le lancement de RailCoop.

Pas facile pour une start-up d’arriver sur le marché du ferroviaire, a toutefois rappelé Alexandra Debaisieux, directrice générale délégué de la coopérative positionnée sur des territoires ruraux (une trentaine de collectivités en sont déjà sociétaires). “Il faut accéder au matériel roulant, a-t-elle ajouté. Nous avons acheté pour l’instant deux rames. L’acquisition de sept autres est liée au bouclage de notre tour de table financier”. Aucune date n’est pour l’instant avancée pour le lancement de Railcoop.

Table Ronde Ouverture à la concurrence : contexte & perspectives en France. De gauche à droite : Gilles Dansart (animateur du débat), Christopher Michau (Trainline), Alexandra Debaisieux (Railcoop), Roberto Rinaudo (Trenitalia France) et Bruno Mercader (Groupe Transdev)

Trenitalia symbolise à elle seule l’ouverture à la concurrence du ferroviaire en France. Roberto Rinaudo, son directeur général France, a dressé un bilan “très positif” de l’arrivée de l’opérateur italien dans l’Hexagone. “En Italie sur Milan-Rome, le marché avait doublé de taille avec l’ouverture à la concurrence. Nous étions convaincu que nous pouvions réaliser la même chose en France. Et il est clair que notre arrivée sur Paris-Lyon-Milan a profité aux trois opérateurs”.

Les données Trainline sont sur ce point très instructives : tous les opérateurs ont en effet connu une augmentation de vente de billets sur la plateforme entre fin décembre et fin août : +18% pour les TGV, +57% pour OUIGO et surtout +176% pour Trenitalia. Les données soulignent également l’impact de la concurrence sur les prix. Depuis l’ouverture à la concurrence sur la ligne Paris-Lyon, le prix des billets a baissé d’environ 7%, passant de 45€ à 42€ en moyenne.

Nous avons également constaté que cet été, certains jours, les voyageurs pouvaient économiser jusqu’à 43€ sur leur trajet Paris-Lyon en comparant les compagnies de train disponibles sur Trainline, ce qui n’aurait pas été le cas s’il n’y avait eu qu’un seul opérateur sur cette ligne. Une très bonne nouvelle pour les voyageurs français !” se réjouit Christopher Michau, directeur des relations des opérateurs Europe chez Trainline. Mais la perception du public n’est pourtant pas celle d’une baisse des tarifs…

Roberto Rinaudo a par ailleurs rappelé l’importance de la clientèle d’affaires, “fondamentale sur Paris-Lyon”, se montrant convaincu de la dynamique du déplacement professionnel sur le ferroviaire. Bruno Mercader, directeur du développement ferroviaire du Groupe Transdev, a pour sa part noté que l’exploitation de la desserte Marseille-Nice allait se traduire par un doublement de l’offre, tout en permettant à la région de réaliser des économies.

Christopher Michau a profité de la matinée pour dévoiler les résultats d’une étude exclusive sur l’ouverture à la concurrence, réalisée avec OpinionWay (échantillon de 1010 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus) en août dernier. Sans surprise, l’enquête souligne la place croissante de la dimension durable chez nos compatriotes. Pour 68% d’entre eux, l’ouverture à la concurrence est une bonne nouvelle pour la lutte contre le changement climatique. 59% des Français déclarent être attentifs à l’impact écologique de leur mode de déplacement au moment de le choisir. Les jeunes de 18 à 24 ans, dont les engagements environnementaux sont particulièrement forts, sont 90% à intégrer ce critère dans leur choix au moment de décider de leur moyen de déplacement. Reste que quatre Français sur dix ne le prennent strictement jamais en compte (41%). Il reste un travail de pédagogie à faire…

Voici quelques autres résultats de l’étude :
. Pour un tiers des Français, l’ouverture à la concurrence est un facteur incitatif à prendre le train.
. 75% des Français citent spontanément un service de la SNCF, et les 25% restants citent un autre service.
. Trenitalia est connu par 40% des Français, suivi de Transdev à 38% et Railcoop à 14%.
. 34% affirment que la fin du monopole de la SNCF les incite à prendre le train.
. 44% identifient au moins une source d’amélioration du train depuis deux ans.