L'opérateur ferroviaire italien Trenitalia annonce la commande de 74 nouveaux trains à grande vitesse Frecciarossa, pour un investissement global d'environ 2 milliards d'euros. Cette acquisition s'inscrit dans une ambition affichée du groupe de construire un véritable "métro européen à grande vitesse".
Cette commande, qui prévoit une livraison progressive jusqu'en 2030, vient compléter un contrat précédent signé en novembre 2023 portant sur 36 rames pour 1,3 milliard d'euros. Selon Gianpiero Strisciuglio, PDG de Trenitalia, ces nouveaux trains nouvelle génération seront conçus par le Japonais Hitachi Rail. Les premières livraisons ont débuté en 2025, avec quatre rames déjà réceptionnées en fin d'année. Les Frecciarossa 1000, qui constituent la colonne vertébrale de l'expansion européenne de Trenitalia, sont spécifiquement conçus pour l'interopérabilité, leur permettant de circuler sur sept réseaux ferroviaires européens : France, Espagne, Allemagne, Autriche, Suisse, Pays-Bas et Belgique. Un atout stratégique pour l'opérateur italien dans son projet de développement continental.
Vers une expansion européenne
Plus de 4 ans après son arrivée sur le marché français, Trenitalia dessert désormais 11 villes françaises via trois lignes principales : Paris-Lyon, Paris-Marseille et Paris-Milan. L'opérateur a transporté 4,7 millions de passagers et annonce 80 millions d'euros de revenus générés en 2025, soit le double de l'année précédente. Cette croissance s'explique notamment par le succès de la ligne Paris-Lyon, le lancement réussi du Paris-Marseille en juin 2025 et la reprise du Paris-Milan en avril dernier, après une interruption de 19 mois due à un éboulement près de Modane.
Au-delà de la France, Trenitalia poursuit son expansion européenne. Une liaison Milan-Munich est prévue pour 2026, fruit d'un accord de coopération signé avec la Deutsche Bahn et les chemins de fer autrichiens ÖBB. Le projet Paris-Londres est toujours en attente de confirmation, mais devrait être lancé en 2029. Stefano Antonio Donnarumma, patron du groupe FS, maison mère de Trenitalia, a déclaré sur Linkedin : "Notre objectif est de construire un métro européen à grande vitesse, connecté, accessible et durable à travers une concurrence coopérative entre opérateurs. Nous avons été le premier opérateur étranger à entrer sur le marché français. L'Europe a besoin de réseaux, et nous sommes prêts à les construire."
La SNCF riposte avec le TGV M
Face à l'offensive italienne, la SNCF n'est pas en reste. SNCF Voyageurs a levé en janvier 2026 une option pour 15 TGV M supplémentaires auprès d'Alstom, pour un montant de 600 millions d'euros. Cette commande porte à 160 le nombre total de TGV M commandés, dont 30 pour Eurostar.
Ces nouveaux trains, retardés de près de deux ans, devraient entrer en service commercial début juillet 2026. En parallèle, la compagnie ferroviaire française entend elle aussi doubler le nombre de passagers sur le continent européen d'ici 2035, avec notamment des projets d'expansion en Italie, où l'opérateur français attend toujours les autorisations nécessaires.