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Volotea met fin à sa surcharge carburant post-achat

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

10 juin 20262 min de lecture

volotea
volotea© Archives DéplacementsPros.com

Mise en place dans l'urgence en avril 2026, la surcharge carburant post-achat de Volotea ne s'appliquera plus à aucune nouvelle réservation à compter du 10 juin. Un abandon que la compagnie s'efforce de présenter comme une décision sereine, mais qui intervient après plusieurs semaines de controverses juridiques et institutionnelles.

Volotea tourne la page de sa « Promesse de Voyage Équitable ». La compagnie low-cost espagnole a annoncé mardi 9 juin la fin de ce dispositif controversé pour toutes les réservations effectuées à partir de ce mercredi 10 juin. Une décision présentée en interne comme la clôture logique d'une mesure « temporaire », mais qui ressemble davantage à une capitulation sous la pression combinée des régulateurs, des associations de consommateurs et d'une opinion publique peu convaincue.

Une surcharge légalement contestable dès le départ

Lancée fin avril 2026 dans un contexte de flambée des prix du kérosène liée au conflit au Moyen-Orient, la « Promesse de Voyage Équitable » permettait à Volotea de facturer à ses clients un complément variable, indexé sur le cours du carburant7 jours avant leur départ, soit après l'achat du billet. Un mécanisme inédit dans le secteur, et pour cause : sa conformité au droit européen posait un problème de fond, rapidement soulevé par des spécialistes du droit aérien.

> A lire aussi : Crise du kérosène : le plan du gouvernement pour soulager l’aérien et protéger les voyageurs

Au niveau national, le ministère des Transports avait jugé le dispositif illicite. L'Union européenne avait abondé dans ce sens, estimant qu'un supplément facturé après l'achat d'un billet était tout simplement interdit. Volotea avait amorcé un premier recul le 12 mai en renonçant à appliquer cette politique aux réservations effectuées via les agences de voyages en ligne (OTA). Les agences traditionnelles, elles, n'avaient jamais été concernées par ces suppléments. Désormais, c'est l'ensemble des canaux de distribution qui sont exemptés, pour les nouvelles réservations uniquement.

La flexibilité comme ligne de repli

La compagnie s'est efforcée de mettre en avant le succès populaire de l'initiative : 97% des passagers concernés avaient accepté d'y souscrire, un taux qu'elle présente comme un gage de confiance. Cet argument, aussi réel soit-il, n'a pas suffi à lever les obstacles réglementaires. Dans son communiqué, le directeur France de Volotea, Gilles Gosselin, évoque « le dialogue engagé avec les institutions » et la « certitude d'avoir agi de bonne foi ».

Pour ne pas clore le chapitre sur un aveu d'échec, Volotea met en avant sa politique de flexibilité tarifaire, avec des modifications de billets sans frais supplémentaires. La compagnie assure également qu'elle continuera « d'absorber les hausses du prix du carburant », repositionnant ainsi son discours sur l'accessibilité des tarifs plutôt que sur le partage du risque énergétique avec le passager. Concernant les billets déjà vendus par la compagnie, Volotea confirme à nos confrères de L'Echo Touristique qu'aucun remboursement n'est prévu, qu'ils aient déjà été utilisés ou non. Un point qui pourrait alimenter de nouveaux recours.

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