La mobilité professionnelle fait face à un paradoxe de taille. Alors que la location courte durée (LCD) ne représente que 5 % à 10 % des dépenses voyages globales d'une entreprise, elle concentre souvent la majorité des défis de pilotage et des irritants pour les collaborateurs sur le terrain. Entre les limites des outils de réservation, la pression sur les prix et l'urgence de décarboner les flottes, le Travel Management doit se réinventer. Dans ce cinquième épisode du podcast Le virage pro, Nicolas Aubert livre les clés pour aligner économies, qualité de service et RSE.
Le piège des outils de réservation (SBT)
La perte de contrôle sur l'expérience collaborateur prend souvent racine dès la réservation. Les SBT (Self Booking Tools) du marché présentent encore des contraintes techniques majeures pour traiter les prestations complexes, telles que la livraison d'un véhicule sur site ou la récupération en dehors des horaires d'ouverture des agences. Ces limites obligent les entreprises à gérer ces demandes spécifiques en mode "offline", ce qui génère des coûts cachés et alourdit le budget global. Lors du choix d'un SBT, les organisations doivent impérativement tenir compte de la gestion de ce fameux "dernier kilomètre" pour éviter les mauvaises surprises.
Appels d'offres : le dilemme entre prix et qualité
Lors des appels d'offres, la qualité de service figure en bonne place dans les cahiers des charges. Pourtant, au moment de la décision finale, le critère du prix conserve presque toujours le coefficient pondérateur le plus fort. Il devient alors extrêmement complexe pour les acheteurs d'évaluer la qualité de service réelle d'un prestataire sur la seule base d'un document, souvent par manque de données exploitables, d'échanges préalables et de délais suffisants pour analyser l'offre en profondeur.
De l'algorithme "Best Price" à la transition RSE
La réduction des émissions de CO2 s'est imposée comme un critère prépondérant, mais elle se heurte à la configuration même des outils de réservation. Si un SBT applique la règle stricte du "Best Price", l'algorithme mettra systématiquement en avant le véhicule thermique, dont le tarif journalier facial est généralement inférieur à celui de l'électrique. Cette logique tarifaire à court terme freine directement les objectifs de décarbonation des entreprises.
Passer du TCO au TCM pour transformer l'essai
Pour sortir de cette impasse, les entreprises doivent faire évoluer leur logiciel d'analyse. Il est temps d'abandonner le classique TCO (Total Cost of Ownership) au profit du TCM (Total Cost of Mobility). En intégrant les coûts réels de l'énergie et les avantages liés au stationnement directement dans le paramétrage des outils et dans la politique voyage, le véhicule électrique devient structurellement plus compétitif. C'est à cette seule condition que la RSE et les achats pourront avancer dans la même direction.
Écoutez l'intégralité de l'épisode 5 du podcast « Le virage pro » pour découvrir tous les conseils de Nicolas Aubert et repenser votre stratégie d'approvisionnement : https://octopus.saooti.com/smartlink/e/16344-Le-virage-pro