3 questions à… John Baird Smith (HtoH) : « Cette crise n’est pas incompatible avec le mot entreprendre »

Quelques mois après avoir quitté ses fonctions chez HRS, John Baird Smith s’est lancé dans son propre projet : la création de la jeune pousse HtoH. Pour l’entrepreneur, l’innovation sera la clé pour survivre à cette crise dans un marché qui peine à se digitaliser et à se réinventer. 

DeplacementsPros.com : Comment assurer le futur des startups en cette période de crise ?

John Baird Smith, fondateur de HtoH

John Baird Smith : Je n’ai malheureusement pas de formule magique à donner. Il faut rester agile, adapter son discours et se fixer des objectifs réalisables. La crise est là pour tout le monde, et tout le monde souffre. Pour ma part je reste à l’écoute du marché tant je suis certain que ceux qui arriveront à passer ce ‘tsunami’ seront les grands gagnants de demain. Je reste optimiste. Je profite notamment du système de la station F où nous sommes basés pour rester dans une dynamique de succès et d’entraide. J’ai également la chance d’avoir dans le board de HtoH des parrains bienveillants, qui croient en mon projet, qui m’ouvrent les portes du marché quand j’en ai besoin, me challengent sur mon projet pour que, lors du lancement, nous soyons prêts, affûtés et gagnants ! Cette crise n’est pas incompatible avec le mot entreprendre, il y a justement des opportunités à prendre. Il faut simplement faire preuve de plus de persévérance et avoir de la motivation.

Les startups seront-elles les grandes gagnantes ou perdantes de cette crise liée à la COVID-19 ?

Encore une fois, la crise concerne toute l’industrie et il y aura forcément des moments difficiles pour certaines startups comme pour l’ensemble des acteurs. Plutôt que dire perdantes, je dirai que la barre de la réussite est montée de plusieurs crans. Il va falloir se battre davantage. C’est un fait, le climat est aujourd’hui à la morosité, à l’attentisme et à une peur justifiée sur le plan sanitaire et sécuritaire. Du côté du financement, les investisseurs privilégient le support des investissements faits avant crise. Ils peinent à voir une opportunité dans le voyage d’affaires, il faut se montrer convaincant, déterminé et ne rien lâcher.

Mais en parallèle, l’opportunité est énorme ! Le voyage d’affaires va repartir et il repartira très vite et très fort tant les gens auront besoin de se reconnecter professionnellement. C’est une évidence ! Quand ? Je ne sais pas. Ce dont je suis certain est qu’il ne repartira pas comme avant. Des nouvelles tendances se dessinent. Les entreprises et les voyageurs exigeront des nouveaux services pour voyager. Je pense que les acteurs actuels doivent d’abord se relever de la crise avant même de se lancer dans l’innovation, ce qui laisse une opportunité énorme aux nouveaux entrants innovants. En l’espace de 4 mois chez HtoH, nous avons intégré dans notre application « tout en un », un système de notation spéciale sanitaire pour les hôtels à disposition des voyageurs, nous avons développé une fonctionnalité dédiée au contrôle de la mobilité (loi LOM) et nous créons une communauté de voyageurs afin qu’ils partagent leurs expériences tant professionnelles, personnelles. Nous avons la chance d’être agiles, mobiles et jeunes. Profitons-en ! Demain, ceux qui tomberont seront ceux qui n’arriveront pas à s’adapter au marché, pas forcément les plus petits ou les plus jeunes.

Le modèle de jeune pousse est-il adapté aux marché, au stress et à l’évolution permanente du Business Travel ?

Aujourd’hui, le problème du marché du voyage d’Affaires est que les acteurs ne veulent pas évoluer. Un marché de niche qui doit désormais faire sa révolution pour survivre. Les voyageurs sont beaucoup plus exigeants et mieux informés, comparé aux années 90 et sont également tentés par d’autres outils, notamment ceux venant du marché BtoC. Tout cela crée un besoin nouveau et les voyageurs veulent utiliser des outils digitaux. L’opportunité de changer un ancien monde est désormais bien réelle et cela se fera en y amenant de l’innovation. Que nous soyons clair, le digital n’a pas encore percé dans le voyage d’Affaires. Pour les entreprises, il faudra également respecter et s’adapter concernant ce qui se rapporte à la RSE et au bien-être du collaborateur.

Je vois de nombreux projets ressortir : The Treep, Okarito, Moove, FairJungle, Roadmap et bien d’autres, tous tournent autour d’une expérience voyageur réussie, simple et focus business. Chez HtoH nous mettons à disposition des voyageurs d’affaires et des entreprises une application digitale qui centralise l’ensemble des outils de l’entreprise ce qui favorise l’efficience (efficacité professionnelle, diminution des taches sans valeur ajoutée) du voyageur tout en respectant son bien-être et les obligations de l’entreprise en matière de RSE. Concernant le stress du marché, c’est une question de personnalité, d’opiniâtreté, de persévérance et de motivation personnelle. Ce qui me motive tous les jours ? Assister à de grandes réussites. Est-ce que quelqu’un s’attendait à un Uber, un Airbnb ou bien encore à un Blablacar ? Pourtant ce sont des plateformes qui ont révolutionné l’industrie.