L'étude évalue plusieurs critères incluant les nouvelles technologies de sûreté, les processus simplifiés, les services dans les terminaux et les connexions en transports en commun. Quatre aéroports français figurent dans cette analyse : Paris-Charles de Gaulle, Marseille-Provence, Nice-Côte d'Azur et l'EuroAéroport Mulhouse-Bâle-Fribourg.
Les résultats révèlent une transformation en cours dans les infrastructures aéroportuaires européennes, avec des évolutions notables dans les procédures de contrôle et l'accessibilité. Ces améliorations ne sont toutefois pas déployées de manière homogène sur l'ensemble du territoire européen, créant des disparités significatives entre les différents pays.
Rome en tête du classement
L'aéroport Leonardo da Vinci-Fiumicino à Rome occupe la première position du classement. Cette performance s'explique par la mise en place de plusieurs améliorations concrètes réduisant le stress des passagers avant le départ. L'aéroport italien a notamment modernisé ses équipements de contrôle de sûreté, permettant aux voyageurs de conserver des quantités plus importantes de liquides ainsi que leurs appareils électroniques dans leur bagage cabine lors des contrôles.
Il propose également des services fast track et des accès aux salons à des tarifs abordables. Les liaisons en transports en commun reliant l'aéroport au centre de Rome sont rapides et fréquentes. L'offre de restauration et de shopping au sein du terminal reçoit par ailleurs de bonnes évaluations de la part des passagers, contribuant à positionner Fiumicino en tête de ce palmarès européen. Le podium est complété par l'aéroport de Genève en deuxième position et celui de Copenhague en troisième place.
Allègement des restrictions
18 aéroports sur les 50 analysés ont introduit de nouvelles règles plus souples concernant les liquides en bagage cabine. Dans certains points de contrôle équipés de scanners de dernière génération, les passagers peuvent désormais transporter des volumes dépassant la limite traditionnelle de 100 millilitres, atteignant parfois jusqu'à deux litres. Ces nouvelles procédures sont déjà opérationnelles dans plusieurs grands hubs européens tels qu'Amsterdam-Schiphol, Rome-Fiumicino, Londres-Heathrow, Barcelone-El Prat et Francfort.
Parallèlement, 35 des 50 aéroports étudiés n'exigent plus de sortir les ordinateurs portables, tablettes ou appareils photo du bagage cabine lors du passage au contrôle de sûreté. Paris-Charles de Gaulle fait partie de ces établissements ayant adopté cette mesure. Les procédures peuvent toutefois varier d'un terminal à l'autre au sein d'un même aéroport, rendant nécessaire la consultation des informations spécifiques avant le départ.
Le fast track se généralise
De nombreux aéroports proposent désormais des créneaux fast track réservables à l'avance pour accélérer le passage au contrôle de sûreté. Ce service peut réduire de manière significative le temps d'attente, particulièrement durant les heures de pointe. Dans la majorité des établissements, l'accès Fast Track réservé est payant, avec un tarif pouvant aller jusqu’à 42 € (à Zurich).
À Amsterdam, Berlin et dans plusieurs autres aéroports allemands, le service est proposé gratuitement selon le principe du premier arrivé, premier servi. En France, cette option est disponible à Nice-Côte d'Azur pour environ 10 € et à Marseille-Provence pour environ 7 € par passager. À Paris-Charles de Gaulle et à l'EuroAéroport Mulhouse-Bâle, le service n'est pas largement proposé aux voyageurs, ce qui limite les possibilités de réduire le temps d'attente lors des périodes de forte affluence et complique la gestion des flux aux heures de pointe.
L'accessibilité comme facteur déterminant
L'accessibilité des aéroports depuis les centres-villes constitue un critère essentiel de l’étude. Dans les grandes agglomérations, les transports publics se révèlent souvent plus rapides et fiables que la voiture, notamment aux heures de pointe. Des aéroports comme Copenhague, Genève, Málaga, Venise et Amsterdam se distinguent particulièrement sur ce critère, avec des temps de trajet inférieurs à 20 minutes vers le centre-ville et des services à haute fréquence.
Le taxi demeure une option confortable, notamment pour les voyageurs transportant de nombreux bagages ou se déplaçant en groupe, mais cette solution peut s'avérer coûteuse. Les tarifs sont particulièrement élevés dans des villes comme Milan, Munich et Reykjavík.
1,1% d'annulation en moyenne
Dans la plupart des aéroports européens, les annulations demeurent peu fréquentes. Dans des destinations populaires comme Athènes, Malte, Antalya et Istanbul, moins d'un vol sur 100 est annulé chaque année. La moyenne européenne s'établit à 1,1% de vols annulés. À l'inverse, les aéroports situés dans des régions plus sensibles aux conditions météorologiques connaissent un niveau de perturbation légèrement supérieur.
À l'aéroport de Reykjavík–Keflavík, les vents forts, la neige et les épisodes ponctuels d'activité volcanique entraînent l'annulation d'environ 2% des vols. Tous les aéroports français évalués affichent un taux d'annulation supérieur à la moyenne européenne. Paris-Charles de Gaulle présente la probabilité d'annulation la plus élevée parmi eux avec 1,41%, suivi de Marseille-Provence avec 1,35%, Nice-Côte d'Azur avec 1,21% et l'EuroAéroport Mulhouse-Bâle avec 1,20%.
Position contrastée des aéroports français
Les aéroports français analysés combinent de bonnes connexions entre l'aéroport et le centre-ville avec une expérience de qualité dans les terminaux, notamment en matière de restauration et d'offre commerciale. Ils se concentrent toutefois dans la deuxième moitié de ce classement. Paris-Charles de Gaulle se classe à la 40ème position, Nice-Côte d'Azur à la 25ème, Marseille-Provence à la 27ème et l'EuroAéroport Mulhouse-Bâle à la 47ème place sur les 50 établissements évalués.
Le facteur le plus déterminant expliquant ces médiocres résultats est la modernisation de la sûreté. Aucun des aéroports français évalués n'a introduit la technologie de contrôle permettant de laisser des volumes de liquides plus importants dans le bagage cabine. Seul Paris-Charles de Gaulle autorise les appareils électroniques à rester dans le sac pendant le contrôle. Alors que des marchés majeurs comme l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie déploient ces systèmes pour réduire les files et simplifier les procédures, l'absence d'infrastructures de sûreté modernisées constitue un désavantage pour les aéroports français.
À l'inverse, la France se distingue par l'accessibilité de ses aéroports. Marseille-Provence et Nice-Côte d'Azur sont reliés à leur centre-ville en moins de 30 minutes, tandis que Paris-Charles de Gaulle propose des liaisons en environ 42 minutes, avec des départs fréquents allant jusqu'à cinq trains par heure. La fiabilité des transports en commun reste un atout clair par rapport à plusieurs autres grands hubs européens. À l'intérieur des terminaux, les aéroports français obtiennent de très bonnes évaluations de la part des passagers, tant pour la restauration que pour le shopping.