En avion, c’est dans les toilettes qu’on risque le plus d’attraper le Covid-19

Une nouvelle étude suggère que les toilettes sont l’endroit le plus à risque pour attraper le Covid-19 dans un avion. Les chercheurs ont conclu que les surfaces contaminées touchées par différents passagers dans un espace restreint sont la façon la plus plausible d’être infecté par le virus.

Le Dr Sung Hwan Bae, chercheur en chef de la faculté de médecine de l’université de Soonchunhyang en Corée du Sud et auteur de cette étude, rappelle aux passagers de porter un masque facial pendant toute la durée du vol, de se laver les mains avec soin et de respecter la distanciation sociale pendant l’embarquement et le débarquement.
Les conclusions du Dr Bae viennent d’être publiées par le centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) après que son équipe de recherche ait examiné la possibilité d’une transmission asymptomatique du Covid-19 entre les passagers. L’équipe a étudié un vol d’évacuation contrôlé de Milan à Séoul, en Corée du Sud, le 31 mars au plus fort de la pandémie de coronavirus en Europe.

299 passagers ont embarqué sur le vol après que des tests de température aient éliminé 11 voyageurs symptomatiques. Pendant le vol, tous les passagers devaient porter un masque respiratoire homologué N95, sauf pendant les repas et lorsqu’ils utilisaient les toilettes. À l’arrivée, ils ont tous été testés pour le Covid-19 et mis en quarantaine.

Six passagers qui n’ont pas signalé de symptômes ont ensuite été testés positifs pour le virus.

Au huitième jour de la quarantaine de deux semaines, une passagère seule, qui avait été testée négative au départ, a commencé à se sentir mal. Un test a confirmé qu’elle avait été infectée par le Covid-19. Le délai d’apparition des symptômes laisse penser qu’elle a été infectée pendant le vol – d’autant plus qu’elle s’est isolée pendant trois semaines avant le vol d’évacuation et a bénéficié d’un transport privé vers l’aéroport.

Bien que la passagère ait été assise à seulement trois rangées de l’un des voyageurs initialement infectés, les chercheurs ont constaté que les filtres HEPA à bord réduisent considérablement le risque d’infection par voie aérienne. Ils pensent plutôt que le contact avec des surfaces contaminées ou avec des passagers infectés pendant l’embarquement et le débarquement « joue un rôle essentiel dans la transmission en vol« .

Les deux passagers ont utilisé les mêmes toilettes sur ce vol et c’est là que l’infection a probablement eu lieu.

L’étude suppose que le risque d’infection à bord a déjà été réduit en empêchant les passagers symptomatiques de prendre l’avion, en faisant porter un masque à tout le monde et en pratiquant la distanciation physique pendant l’embarquement et le débarquement. Les dernières recherches soulignent à nouveau l’importance de maintenir une excellente hygiène des mains pour réduire le risque d’infection.

Les compagnies aériennes ont intensifié leurs efforts de nettoyage face à la menace posée par le Covid-19, mais la plupart de ces efforts sont concentrés sur la période entre les vols, plutôt que pendant le vol. Et si certains transporteurs nettoient les toilettes toutes les 30 minutes, cela n’empêcherait pas l’infection.

Mais pas d’alarmisme inutile car, au-delà de cette nouvelle étude, le risque d’attraper le Covid-19 dans un avion est particulièrement faible.