Florian Delifer (OfficeRiders) : « Les entreprises favorisent désormais les modes de travail mixtes »

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OfficeRiders est une une plateforme de location de salles de réunions ou d’espaces de travail dans des lieux atypiques, détenus en majorité par des particuliers. Un « Airbnb » destiné aux professionnels qui souhaite optimiser et rentabiliser les espaces disponibles. Son fondateur et CEO, Florian Delifer, revient sur la création de la startup et ses ambitions sur le marché dans un contexte post-crise.

Quel est le concept d’OfficeRiders et quel a été votre cheminement lors de sa création ?

Florian Delifer, CEO d’OfficeRiders

La création de l’entreprise remonte à 2015, donc bien avant la pandémie. A l’époque j’étais le dirigeant d’une startup à San Francisco et un hôte Airbnb avait aménagé son appartement de façon à proposer un espace dédié aux travailleurs. Dès lors, j’ai eu une prise de conscience : les espaces inutilisés dans les appartements privés pouvaient être mis à disposition des travailleurs/entrepreneurs. On parle d’élan écologique du mètre carré. Il faut pouvoir le rentre utile pour les professionnels et rentable pour les hôtes. Depuis 2015, nous avons bien évidemment évolué, nous sommes sortis de cet esprit coworking pour proposer une solution qui s’adresse davantage aux entreprises de toutes tailles pour l’organisation de réunions ou d’événements professionnels. Après la pandémie, nous avons observé que les entreprises avaient à cœur de réunir leurs collaborateurs pour des moments d’échanges et pas nécessairement à leur siège.

Les entreprises sont-elles en demande de ce type d’espaces pour l’organisation de leurs réunions ou pour réunir leurs collaborateurs ? Vous êtes désormais plusieurs acteurs sur ce marché, qu’est ce qui vous différencie ?

Ce nouveau rapport au bureau est une véritable tendance de fonds. Les entreprises favorisent désormais les modes de travail « mixtes », alternant travail à la maison, au siège et dans un tiers-lieu. L’avantage que nous avons par rapport à nos concurrents est que nous nous favorisons une expérience humanisée et des prix attractifs, car notre business model nous le permet. Nous sommes également partout en France, que cela soit à Paris, en campagne ou dans d’autres villes, mais pas uniquement dans des centres d’affaires. Nous sommes dans une logique de recyclage des espaces, ils ne nous appartiennent pas. Les espaces uniques que nous proposons appartiennent pour les deux tiers à des particuliers et à un tiers par des professionnels mais ce ne sont pas des  bureaux, ce sont des ateliers d’artistes, des cafés… des lieux loin d’être neutres.

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Ensuite, en plus de la location d’espaces, nous proposons systématiquement plusieurs « essentiels », dont la possibilité d’avoir un service café et trois services additionnels à travers une marketplace : restauration, activité et équipement.

Quelles sont vos ambitions sur le marché ? Selon vous, la période post-crise va-t-elle accélérer le recours à ce type d’espaces de travail ?

La crise sanitaire nous a ralenti car nous avons connu une grosse perte d’activité mais nous rattrapons cela peu à peu. On peut même dire aujourd’hui qu’elle nous a été bénéfique avec ce nouveau rapport au bureau. Nous observons que l’espace de travail est bien plus recentré sur l’humain et il y a eu une réelle prise de conscience de la part des entreprises à adopter le travail mixte. Nous nous éloignons d’un mode de travail très vertical pour aller vers un modèle hybride.

En dehors de Paris et de l’Ile-de-France, nous avons un gros marché à Lyon et Bordeaux. Progressivement, nous nous étendons dans d’autres villes et un cap devrait être passé avec une levée de fonds à venir. Une fois que ce cap sera franchi, nous allons pouvoir accélérer, notamment à Lyon, et réfléchir à l’internationalisation.