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Les voyageurs aériens payent de plus en plus d’ancillaries pour compenser la misère de l’économique de base

Une étude révèle que le modèle économique de base se généralise dans l'aérien et que les voyageurs dépensent de plus en plus en services ancillaires pour compenser la médiocrité du service.

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David Keller

David Keller

12 septembre 20253 min de lecture

siège désert Starryai
(Image générée par Starryai)© Archives DéplacementsPros.com

Le titre de cet article peut sembler provocateur. Il reprend pourtant en substance - et même littéralement ("misery") un des constats dressés par la dernière édition de l'Annuaire des Revenus Annexes (Ancillaries Yearbook) 2025 d'IdeaWorksCompany, au mépris du discours volontiers policé de ce genre d'étude. Alors que le prix des billets d'avion baisse, les revenus annexes explosent. C'est ce que révèle, avant tout, ce document publié ce 9 septembre, qui analyse les performances de 61 compagnies aériennes mondiales en 2024.

148 milliards de dollars

Les chiffres sont éloquents : les revenus annexes mondiaux ont franchi la barre des 148 milliards de dollars en 2024, établissant un nouveau record historique et dépassant largement les 109,5 milliards de 2019, avant la pandémie. Cette croissance spectaculaire s'explique par une hausse de 5,3% des revenus annexes par passager, compensant ainsi la baisse des tarifs aériens.

"On obtient ce pour quoi on paie", résume Jay Sorensen, président d'IdeaWorksCompany et auteur du rapport. "Les choix à la carte ont encouragé les voyageurs à améliorer leur confort et leur commodité."

Frontier Franchit le Cap des 60%

La compagnie américaine Frontier fait sensation en devenant la première à générer plus de 60% de ses revenus totaux grâce aux services annexes (62% exactement), dépassant ainsi ses revenus de billetterie. Cette performance place Frontier en tête d'un classement logiquement dominé par les compagnies low-cost :

  1. Frontier : 62,0% (+5,8 points vs 2023)
  2. Spirit : 58,7% (+2,3 points)
  3. Volaris : 55,3% (+6,6 points)
  4. Breeze : 54,0% (+2,7 points)
  5. Allegiant : 52,9% (+3,1 points)
  6. Wizz Air : 44,6% (-0,1 point)
  7. Viva Aerobus : 43,7% (-1,8 point)
  8. Volotea : 40,0% (nouvelle entrée)
  9. easyJet : 38,6% (+2,5 points)
  10. Pegasus : 33,9% (+3,6 points)

Cinq compagnies génèrent désormais plus de la moitié de leurs revenus grâce aux services annexes, un seuil qui était autrefois considéré comme un plafond.

L'économique de base se généralise

L'étude souligne l'adoption massive du modèle "classe économique de base" par un nombre croissant de compagnies, incluant les transporteurs traditionnels du monde entier. Cette stratégie consiste à proposer des tarifs de base très attractifs, puis à facturer séparément chaque service supplémentaire.

Les compagnies les plus performantes se concentrent sur deux sources principales de revenus : les bagages et l'attribution des sièges. Elles limitent activement les bagages cabine volumineux par des politiques strictes et des frais, tout en adoptant des méthodes de gestion des revenus pour ajuster dynamiquement le prix des sièges selon la demande.

Les programmes de fidélité, véritables mines d'or

Aux États-Unis, les cinq plus grandes compagnies (Alaska, American, Delta, Southwest et United) ont généré 28 milliards de dollars grâce à leurs programmes de fidélité, principalement alimentés par les cartes de crédit co-brandées. Cela représente 35,48 dollars par passager en 2024, contre 34,86 dollars en 2023.

L'exemple le plus frappant vient d'Australie, où le portefeuille de cartes co-brandées Qantas représente 35% des dépenses de crédit des consommateurs australiens, illustrant la manne financière que représentent ces programmes pour les compagnies aériennes.

Une métamorphose risquée pour les legacy

Si cette évolution booste les revenus à court terme, elle n'est pas sans risques pour les compagnies traditionnelles. En adoptant le modèle low-cost avec l'économique de base, elles se rapprochent dangereusement de leurs concurrents à bas prix, une transformation que Jay Sorensen qualifie de "métamorphose qui n'est pas sans péril".

Les données montrent que les compagnies traditionnelles ont vu leurs revenus annexes augmenter de 5,3% par passager en 2024, mais leurs revenus de billetterie chuter de 6%. Cette tendance reflète une stratégie de conquête de parts de marché par la baisse des prix, compensée par la monétisation des services.

Cette révolution silencieuse du secteur aérien transforme fondamentalement l'expérience de voyage. Les passagers font désormais face à un choix : accepter un service minimal au prix le plus bas, ou payer davantage pour retrouver le confort d'antan.

Avec 4,6 milliards de passagers transportés en 2024 (+8,6% par rapport à 2023), cette nouvelle économie du transport aérien semble partie pour durer, redéfinissant les codes d'une industrie en perpétuelle mutation.

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