Rencontrez les experts American Express au salon IFTM

Business Travel Show : faut-il faire le voyage vers Londres ?

Sans doute l'avez-vous remarqué, depuis le début de l'année le calme règne sur le voyage d'affaires. Peu d'annonces, peu de nouveautés, essentiellement de la réflexion autour des nouvelles technologies. Un calme avant une éventuelle tempête ? Bien malin qui pourrait le dire même si le BTS de Londres qui ouvre ses portes ce 21 février se veut le rendez-vous de l'avenir.

Nous suivre sur Google
ML

Marcel Levy

21 février 20184 min de lecture

le-so-british-business-travel-show
le-so-british-business-travel-show© Steven Bradshaw Photography

Business Travel Show : faut-il faire le voyage vers Londres ?

Janvier et février sont traditionnellement des mois plutôt calmes en matière d’innovations et des grandes déclarations d'intention. Le Campus digital de CWT a donné le ton et l’EVP le 7 mars prochain viendra présenter un Baromètre qui devrait confirmer l’étude annuelle Epsa/DeplacementsPros.

Février n'est plus le mois des stratégies à venir. C'est le mois de l'attentisme qui, espérons-le, s'achèvera dans quelques jours. Traditionnellement, le Business Travel Show (BTS) de Londres donne le signal du réveil. Mais plus que toutes les autres années, il devrait être lui aussi bien calme ! Certes des dizaines de communiqués de presse viendront évoquer quelques nouveautés, mais plus que des révolutions, ce sont essentiellement des évolutions qui améliorent telle ou telle application ! C'est la règle du jeu.

Grandes vedettes attendues : les solutions travel and expense associées aux outils de simplification des voyages. Des outils indispensables qui creusent le fossé entre les grandes entreprises et les PME/PMI. Faut-il alors se rendre à Londres ? Par curiosité, certainement. Par intérêt, sans doute pas. Car l'une des différences majeures entre le marché anglo-saxon et le nôtre, plus latin, réside dans l'attitude du voyageur lui-même. Je mets de côté les exposants locaux qui se consacrent à la gestion pure (les règles fiscales sont différentes d'un pays à l'autre) et ceux qui anticipent le Brexit via des adaptations intra européennes de leurs solutions technologiques. D’autres, plus internationaux, comme Concur ou AirPlus, communiqueront sur tous les marchés, y compris le Français. Attendons sur place les changements.

Mais ce n'est pas le BTS qui est en cause dans ce demi-sommeil du marché. En fait, si l'on regarde attentivement, l'attente que l'on connaît est principalement lié aux évolutions qui s'annoncent et qui vont profondément transformer notre actuel terrain de jeu. Les changements engagés vont, sans aucun doute, faire bouger les lignes et les process. S'y précipiter sans réflexion serait dangereux. Si l'on analyse le besoin, force est de constater que de grandes mutations s'engagent dans cinq grands domaines.

Le tout technologique est en route. Au risque d’être un gimmick répétitif, force est de constater que la techno est prometteuse et que l’avenir s’annonce radieux pour les développeurs de tout poil. Le BTS sera donc un grand show même si tout ce qui sera présenté ne verra peut-être jamais le jour. Mais au-delà de la techno, c’est la force de conviction des vendeurs qui sera mise à toute épreuve. Les acheteurs européens sont prudents. Tous sont convaincus que le métier changera avec les nouveaux outils numériques… Mais personne ne sait lesquels sortiront du chapeau pour devenir universel.

Le voyageur s'émancipe, c’est une réalité que constatent tous les acheteurs. Mais cette émancipation se fait désormais dans les règles de la politique voyages. Si les SBT s’enrichissent d’offres nouvelles dans l’univers du collaboratif… Ils restent paramétrés par les acheteurs en fonction des règles établies. On devrait enfin en finir avec cette expression toute faite de « l’expérience voyageur ». Aucune ne se ressemble car toutes sont différentes en fonction du caractère de celui qui vit le voyage. Bienvenue à l’hyper personnalisation, seule capable d’être conforme aux attentes du salarié en déplacement. Le royaume de la data est devenu le paradis des développeurs. Au BTS, on en verra les prémices.

L'automatisation du voyage sera au centre de bien des conférences du BTS. Associée à la dématérialisation, elle marque le début du voyage « zéro dépense » que visent les entreprises américaines. De « bout en bout », le déplacement professionnel devient prévisible et la dépense se fait prédictive. Verra-t-on des applications concrètes à Londres ? Sans doute pas, les prototypes ne sont pas encore fonctionnels. Mais la réalité est en route et quelques startups présenteront cependant des maquettes sur le sujet. De quoi alimenter la fameuse curiosité.

Les moyens de paiements se renforcent pour devenir des outils de tracking de la dépense. Ils sont de plus en plus au centre des outils mobiles devenus les instruments de base du voyageur. La bataille de l’expense ne fait que commencer. En France, près d’une dizaine de fournisseurs sont sur le pied de guerre. En Angleterre et au Nord de l’Europe, ce sont plus de 40 solutions qui sont disponibles. Autant dire que pour l’acheteur, le choix est loin d’être facile. A Londres, il pourra commencer son marché sans certitude de pouvoir le finir.

La concentration est engagée comme le prouve le rachat d’HRG par Amex GBT. Et ce n’est que le début de la bataille entre les Goliaths du voyage d’affaires et les David qui n’en finissent pas de grossir. On peut imaginer les tractations qui s’engageront ces prochaines années. Mais surprise, tous les « petits » ne se laisseront pas manger aussi facilement.

Au-delà de ces pistes de réflexion, bien des sujets récurrents seront aussi abordés comme la sécurité, la place de la TMC, les programmes hôteliers… Bref du grand classique que nous relatera Yann Le Goff, notre correspondant sur place.

Sur la même thématique

Voir tout