Le Big Bang des déplacements d’affaires est proche

Ce qui se passe en ce moment sur les déplacements d’affaires est tout simplement passionnant ! Dans un marché mature, tout le monde se regarde et attend que l’autre bouge. Tout devient alors stable et la performance tend vers le zéro absolu. Mais dans un marché innovant, c’est bien évidemment tout l’inverse. Alors imaginez ce qui peut se passer lorsqu’un acteur d’un marché mature devient innovant… Et si il n’y en avait pas qu’un ?

L’acheteur qui fait son travail et assure une veille technologique voit se tramer, en ce moment, une foultitude d’opportunités car les modèles et les organisations changent.

Henry Mintzberg définit deux types d’organisations : La Traditionnelle et l’Apprenante (référez vous à ses travaux que j’ai résumé dans le petit tableau ci-dessous). Se présenter sur un marché mature comme un « Innovant » face à des « Traditionnels » bouscule l’ordre établi et génère de nouvelles possibilités technico-commerciales pour l’acheteur et le consommateur (regardez les low-cost…). Mais passer de l’un à l’autre demande des efforts et un courage incommensurable et impose une révolution culturelle au sein de l’entreprise. On appelle ça le « Change Management ».

Et bien contre toute attente, c’est ce qui arrive sur le marché des déplacements d’affaires. Preuve en est (entre autres) la métamorphose du Groupe Accor, enseigne complexe, bien souvent en manque d’identité claire et parfois qualifiée de « poussiéreuse » par les acheteurs. Le groupe opère un virage à 180 degrés et se transforme en AccorHotels, nouveau nom commercial du Groupe hôtelier. Innovation majeure : Le groupe propose d’ouvrir sa plateforme aux hôteliers indépendants permettant ainsi une offre plus large aux voyageurs et une exposition de choix aux prestataires. Mais encore plus fort, la restructuration de la marque (meilleure lisibilité, code couleur, branding…) est associée à des outils de référencement. C’est ainsi que le voyageur peut piloter son choix grâce aux critères Accor classiques enrichis par des données provenant de Tripadvisor et des visites d’expertise in situ.
Cerise sur le gâteau, les hôteliers indépendants peuvent accéder à la plateforme AccorHotels à des OTA (commissions…) meilleures que celles des plateformes hôtelières classiques (Booking.com par exemple). Mais attention, ce se sera pas open bar: n'intègrera AccorHotels que celui qui le méritera (dixit le Groupe…).

C’est là que le bonheur de l’innovation apporte du bénéfice à l’acheteur proactif dans la veille car il va bénéficier d’outils configurés, stables, fédérateurs permettant un choix « encadré » aux voyageurs. Tenez, je vous fais le pari que dans un avenir immédiat, AccorHotels va communiquer sur le fait qu’il proposera de personnaliser son portail en fonction de votre politique voyage et de votre identité visuelle. L’hôtellerie est très complexe à manager et là, le groupe mondial arrive avec une solution clé en main qui a toutes les chances de permettre à l’acheteur de générer des gains et au voyageur de bénéficier de la meilleure configuration possible. Normal, quand on part d’un marché non piloté vers une solution encadrée (majorité des entreprises françaises).

Je l’ai dit il y a deux ans lors d’une soutenance de MBA : Les traditionnels sont morts. Seule l’innovation est la planche de salut. Idem pour les petits « joueurs ». En clair, ça va consolider à tout va et il va falloir suivre le rythme pour faire les bons choix et générer des bénéfices. Et ce, qu’il s’agisse des transporteurs, des plateformes, des TMC, des éditeurs…

Yann Le Goff,
Acheteur.