Low cost long-courriers, distribution et achats : les transformations à venir dans l’aérien

Joon ? Incompréhensible. Hop! et KLM ? A vendre ! Ces compagnies aériennes qui vendent de l’hôtel ? Ce n’est qu’un début ! A l’occasion de la 10e édition du congrès du Seto, Jean-Louis Baroux, fondateur de l'APG, a fait part de ses analyses du secteur aérien, dont certaines concernent aussi le Voyage d’Affaires.

Face à une soixantaine de dirigeants du tour-operating français, Jean-Louis Baroux a partagé sa vision du marché, sans langue de bois. « Joon est une idée curieuse, personne n’a su m’expliquer le concept », lâche-t-il avant de s’imaginer un instant aux commandes du groupe Air France – KLM : « Je revendrais immédiatement Hop! et KLM pour créer la meilleure compagnie au monde ! » Sans cela, Air France n’aura pas les moyens d’investir et les Hollandais seraient ravis de récupérer KLM… « Mais je ne pense pas que Ben Smith soit du même avis… », enchaîne-t-il.

Ryanair, un modèle à bout de souffle

Interrogé sur l’avenir des compagnies low cost, Jean-Louis Baroux a abordé le sujet de Ryanair : « La compagnie va bien et a réalisé un taux de marge de 19,8% en 2016. A titre de comparaison, celui d’easyJet s’élève à 9% », a-t-il expliqué. Malgré ces résultats et la commande de 200 appareils, « la compagnie va avoir besoin d’aller dans les grands aéroports, elle a d’ailleurs déjà demandé des slots. Son modèle actuel est à bout de souffle, notamment parce que les Etats ne vont plus accepter ces méthodes et vont demander des comptes. » Ryanair va donc sur le terrain d’easyJet qui se porte également très bien.

Concernant le low cost long courrier, Jean-Louis Baroux est optimiste : « A ce sujet, j’écoute Marc Rochet qui est pour moi le plus grand expert français de l’aérien. Avec French Bee, il gagne de l’argent.» Si le produit est très différent d’une compagnie régulière, des options payantes pour améliorer le confort en vol pourraient selon lui intéresser certaines entreprises, comme les PME, souhaitant limiter les dépenses.

Des compagnies aériennes qui vendent d’autres produits

Autre sujet abordé, celui des compagnies qui vendent des produits tels que des nuits d’hôtels ou des locations de voitures. « Je pense que cela aura un impact sur le voyage d’affaires dans les 3 ans qui viennent car toutes les compagnies vont s’y mettre », déclare-t-il. « Les grandes compagnies ont toujours négocié des accords de façon à ficeler le marché Affaires. Elles vont proposer des packages complets : vol, nuit d’hôtels, transfert, place à l’Opéra… et ce sera dans les contrats. Elles diront par exemple aux entreprises : si vous travaillez avec nous, on vous offrira le transfert. » Pour lui, aucun doute, cela aura des conséquences sur les négociations avec les autres fournisseurs. « Les compagnies connaissent très bien leurs passagers et c’est l’une de leurs grandes forces », ajoute-t-il.

Retards, annulations de vols… la Commission européenne pourrait sévir

« Aujourd’hui, 50% de nos litiges sont liés aux retards et aux annulations d’avion. Vu la croissance du marché de l’aérien, doit-on craindre que cela augmente ? », s’interroge un tour-opérateur. « Le transport aérien n’a jamais réussi à protéger les clients amenés par les agences de voyages », a répondu Jean-Louis Baroux. « Je pense qu’à un moment donné, la Commission européenne va finir par réglementer à ce niveau parce que cela va devenir inacceptable. »