Quand l’Autorisation de Voyage Electronique empêche des voyageurs d’aller au Canada !

Mise en place le 10 novembre dernier, l’Autorisation de Voyage Electronique pour le Canada devient une vraie galère pour les voyageurs d’affaires. Non seulement les éléments fournis ne sont pas ceux qui seront validés mais le dernier mot revient aux agents de la compagnie en charge du transport au départ de Paris. Et certains voyageurs restent sur le tarmac…

Depuis la mise en place de l’AVE,, les compagnies aériennes Air Transat, Air Canada ou Air France subissent de nombreux refus pour leurs voyageurs. En cause, des bugs au niveau de la saisie du formulaire en ligne. Exemple le plus parlant, celui que je viens de vivre au moment où je partais à Montréal pour participer à une rencontre entre professionnels de l’audiovisuelle.

Roissy CDG, ce 15 novembre. Je suis face au guichet d’Air Transat, AVE faite et passeport en main. Mon vol pour Montréal est à l’heure. Ma place réservée. Il ne me reste plus qu’à retirer ma carte d’embarquement. Face à l’hôtesse, je m’entends dire que je ne suis pas autorisé à embarquer faute de disposer de l’AVE, indispensable pour rentrer au Canada. Je crois rêver, je l’ai en main !

Au début, je me dis que c’est une plaisanterie informatique. L’une de ces erreurs qui se règlent en deux clics de souris voire une claque sur le capot de l’ordinateur. Il n’en est rien. J’apprends que l’autorisation accordée lors du dépôt de mon AVE, et que je tiens en main, n’est que très provisoire. Mon erreur, j’ai saisi l’ensemble des chiffres de mon passeport au lieu des 7 demandés. Pourquoi ? En voyant la case réservée à ces données, près de 70 caractères disponibles, j’ai cru qu’il fallait insérer tous les chiffres de la ligne biométrique du passeport. Erreur fatale, partagée avec 13 autres passagers de ce même vol. "C’est quasiment tous les jours comme cela", me précise le chef d’escale qui va se démener pour régler le problème.

Première mission, redemander une AVE (je paye à nouveau les 7 €). Mais contrairement à la première demande, l’autorisation n’est pas immédiate. Je ne l’aurais finalement que vers 15 heures… dans le taxi qui me ramène à Paris. Mon vol à 12h15, que Transat a repoussé de 15 minutes pour nous permettre d’attendre une réponse, est parti sans moi. Et les autres.

Air Transat a joué le jeu et proposé aux trois voyageurs restés comme moi sur le carreau de reporter leur vol au lendemain. Ne partant que pour deux jours, l’offre était sympathique mais inintéressante. Je serais arrivé le mercredi soir pour en repartir le vendredi. La plus importante journée du rendez-vous étant celle du mercredi, ce voyage devenait inutile.

Au final, cette plaisanterie m’aura coûté près de 5000 € en incluant les frais d’inscription au salon. Difficile d’expliquer à mon boss que l’on vient de s’asseoir sur une telle somme pour un manque de logique du Gouvernement canadien. "On n’attaque pas un pays", me dira-t-il. Il a raison mais il n’empêche que je trouve cette approche un peu crapuleuse. On aurait pu croire, face aux nombreux reports lors de mise en place de l’AVE, que les process auraient été au point. J’aurais éventuellement pu partir, mon AVE m’attendait à l’arrivée ! Mais le transporteur ne pouvait prendre le risque, et a refusé logiquement de m’embarquer : en cas de refus de l’AVE, il aurait été condamné à payer une amende et à me ramener en France.
Ubuesque, non ?

Patrice Pellerin
Musique and music

AVE, attention tromperies en vue

Deux sites font des offres internet massives pour l’obtention de l’AVE qui est facturée 7€ sur le site officiel du canada… Mais en y regardant bien, les deux qui ne servent que d’intermédiaire numérique se sucrent sur le dos des demandeurs. Le premier www.esta-form-online.com demandera 44,90 € pour faire la formalité.

Le second, https://ecanada.eu facture lui 89 € (soit 82 € de frais). Il y a des mots pour qualifier ces détournements de compétence.

Pour être certain de ne pas se faire avoir, fuyez les sites qui sont précédés sur Google d’un carré vert marqué « annonces ». Ce sont des emplacements payés par ces officines pour capter les visiteurs.

Enfin, sachez que ce qui se fait pour l’AVE est aussi valable pour l’ESTA. Preuve que la combine marche, on retrouve nos deux entreprises sur la page d’accueil de Google, mot clé : ESTA.